Enquête pendant la pandémie de COVID-19: émotions négatives chez 77 % des Canadiens

MONTRÉAL — Une étude s’attardant aux effets de la pandémie de COVID-19 sur l’état mental des Canadiens conclut que les trois quarts d’entre eux éprouvaient l’hiver dernier des émotions négatives.

Le troisième volet de l’enquête nationale Évaluation des conséquences de la COVID-19 sur la santé mentale, publié lundi par l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) et des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), précise que 77 % des adultes des quatre coins du Canada ont affirmé en janvier ressentir des émotions négatives telles l’inquiétude ou l’anxiété, l’ennui, le stress, la solitude ou l’isolement et la tristesse.

Margaret Eaton, cheffe de la direction nationale de l’ACSM, signale toutefois que les émotions désagréables peuvent constituer une réaction appropriée à un événement majeur comme une pandémie mondiale. Elle croit que c’est un signe de bonne santé mentale lorsqu’une personne peut éprouver une gamme d’émotions et être en mesure de les gérer, même si la tâche peut être pénible.

L’étude conclut qu’au Québec, 35 % de la population a signalé un déclin de sa santé mentale depuis le début de la pandémie, en comparaison à 32 % lors du sondage de l’automne dernier.

Parmi les répondants du Québec, 80 % ont affirmé qu’ils s’adaptaient assez bien au stress de la pandémie en utilisant des stratégies comme la marche et l’activité physique à l’extérieur (50 %), les communications virtuelles avec la famille et les amis (43 %), le maintien de saines habitudes de vie (39 %), le fait de rester informés (41 %) et la pratique d’un passe-temps (36 %).

Parmi les Québécois, 51 % ont passé plus de temps devant un écran, 22 % ont mangé plus de nourriture, 17 % ont acheté plus d’articles en ligne dont ils n’ont pas besoin et 8 % ont consommé plus de substances, comme des drogues et de l’alcool, pour composer avec la pandémie de COVID-19.

L’enquête indique que ces chiffres sont en deçà de ceux relevés dans les autres provinces.

La chercheuse en chef Emily Jenkins, de l’Université de la Colombie-Britannique, signale qu’une bonne santé mentale ne veut pas dire éprouver un parfait bonheur tout le temps, mais bien d’avoir des réactions émotionnelles et comportementales appropriées aux événements de la vie.

L’enquête a été réalisée par Maru/Matchbox du 18 au 22 janvier dernier. Un échantillon représentatif de 3037 personnes âgées de 18 et plus et résidant au Canada y a participé.

Les données du premier volet de l’étude ont été recueillies entre le 14 et le 29 mai de l’an dernier et celles du second volet entre le 14 et le 21 septembre.

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