Enseignants à la rescousse dans le réseau de la santé: personne ne sera forcé

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault se fait rassurant envers les enseignants du collégial qu’il veut conscrire pour secourir les patients en CHSLD.

Le gouvernement ne forcera personne à aller travailler sur la ligne de front, même si le réseau de la santé manque désespérément de personnel en cette crise pandémique. Toutefois, ils devraient contribuer, car c’est une «question de devoir», a dit M. Legault.

Il y a quelques jours, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a signé un arrêté qui permet au gouvernement de recourir au personnel enseignant pour combler la pénurie de personnel dans le système de santé. Il manque actuellement 1250 travailleurs dans les CHSLD, pour plusieurs raisons, congés de maladie, etc.

Les syndicats ont exprimé leurs inquiétudes quant aux modalités de cette décision et aux contraintes qui pourraient être exercées.

«On aimerait qu’ils viennent, même s’ils ne sont pas forcés, a tenu à préciser M. Legault mardi, lors du bilan quotidien sur la lutte au coronavirus au parlement. On a besoin d’eux, c’est une question de devoir.»

Il a brandi un incitatif: les volontaires auront droit aux primes offertes dans le réseau de la santé.

Lundi, La Presse canadienne avait appris qu’au moins 3700 personnes du réseau d’enseignement collégial pourraient être recrutées. Il s’agit de professeurs en soins infirmiers (1797), mais il y a aussi des professeurs de biologie (549), de technique d’éducation à l’enfance (448), de travail social (229), de radiologie (119).

Le premier ministre a reconnu que la formation des cohortes qui se poursuit en ligne actuellement risque d’être compromise.

«Oui, nous pourrions causer un petit problème, mais la situation est urgente maintenant.»

Une inspection a été menée dans l’ensemble des établissements pour aînés du Québec et la situation était «critique» dans 41 CHSLD, a-t-il fait savoir.

La CSN s’inquiète des règles de mise en oeuvre de l’arrêté ministériel, qui devaient être rendues publiques dans un guide d’application mardi. Le syndicat veut savoir qui sera appelé en premier et en vertu de quels critères, soit l’ancienneté, l’ordre alphabétique, etc.

La CSN demande également à savoir ce qui adviendrait, par exemple, des enseignants qui refuseraient d’être affectés dans un centre hospitalier.

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