Entente Canada-Québec: de 2800 à 4000 logements sociaux de plus

QUÉBEC — Une nouvelle entente Canada-Québec permettra de dégager 3,7 milliards $ sur 10 ans pour améliorer le logement social et abordable.

Il s’agit d’un accord «historique» qui aidera à loger un plus grand nombre de Québécois, a déclaré mardi le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen.

Il participait à une conférence de presse conjointe avec les ministres québécoises Andrée Laforest (Affaires municipales) et Sonia LeBel (Relations canadiennes), qui ont salué l’aboutissement d’un long processus. 

«Nous mettons un point final à de longues, mais fructueuses négociations, a affirmé Mme Laforest. Depuis mon arrivée en poste qu’on travaille cette entente. C’est une grande journée.»                

Concrètement, l’entente permettra de construire de 2800 à 4000 nouveaux logements sociaux au Québec, de rénover des milliers de HLM et de bonifier l’aide financière aux ménages à faible revenu.

Elle prévoit des sommes de 1,84 milliard $ sur 10 ans pour chacun des paliers de gouvernement, pour un total de près de 3,7 milliards $.

Ce montant de 1,84 milliard $ par palier gouvernemental se décline en trois volets:

– 272,25 millions $ pour le volet «Priorités du Québec»

– 1,12 milliard $ pour le volet «Initiative canadienne de logement communautaire»

– 454,3 millions $ pour le volet «Allocation canadienne pour le logement»

Selon Mme LeBel, l’entente — qui couvre la période 2018-2028 — est unique au Canada, dans la mesure où le Québec conserve un droit de regard sur tous les projets.

«Le Québec fera sa sélection de priorités et le gouvernement fédéral devra investir dans cette sélection de priorités là, a-t-elle expliqué. Il n’y a pas d’investissements fédéraux qui vont être faits sans que ça passe par la priorisation du Québec.»  

Pour sa part, le leader du gouvernement à la Chambre des communes, Pablo Rodriguez, a souligné que la pandémie de coronavirus avait mis en évidence les besoins criants des personnes vulnérables.

«On le sait, la pandémie frappe fort, elle est « rough » celle-là, a-t-il dit. Ce partenariat-là va avoir un impact concret sur la vie de milliers de Québécois.»

Le FRAPRU déçu

Il n’empêche que le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a affirmé mardi être «déçu» des sommes annoncées.

«Les sommes actuellement prévues par Ottawa dans la Stratégie nationale sur le logement sont insuffisantes et ça transparait dans l’entente fédérale-provinciale, d’autant plus qu’une part importante était déjà prévue», a réagi la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

Même réaction de la part du député Andrés Fontecilla, de Québec solidaire. «Cette entente est largement insuffisante pour répondre à la crise de logement qui sévit au Québec», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

«Je suis inquiet, car les deux gouvernements n’ont donné aucune assurance que la somme destinée à entretenir les logements sociaux existants sera supérieure à celle dépensée dans les dernières années», a-t-il renchéri.

Québec doit faire du logement social une véritable priorité, a pour sa part clamé l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ). 

Elle rappelle qu’il y a présentement 305 590 ménages de locataires qui vivent dans un logement inadéquat et que «ces sommes ne sont pas suffisantes pour répondre aux véritables besoins».

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