Entente en péril dans le secteur public: prématuré de dire ça, selon la CSN

MONTRÉAL – La CSN, qui fait partie du front commun, croit prématuré d’affirmer que l’entente de principe conclue avec Québec sur le renouvellement des conventions collectives du secteur public serait en péril. Elle admet cependant un désaccord avec le Conseil du trésor, mais c’est une chose fréquente à cette étape, selon elle.

«C’est prématuré d’aller aussi loin que de dire que l’entente de principe est remise en cause», a affirmé en entrevue mardi Francine Lévesque, la vice-présidente de la CSN responsable de la négociation dans le secteur public. La CSN est une des plus importantes constituantes du front commun intersyndical.

Le quotidien La Presse rapportait, dans son édition de mardi, des propos voulant que l’entente de principe conclue avec le front commun soit en péril à cause de façons différentes d’interpréter la politique salariale du gouvernement pour des syndiqués qui ne sont pas directement des employés de l’État.

Il faut dire que les centrales syndicales membres du front commun représentent non seulement les syndiqués oeuvrant directement dans le secteur public, mais aussi d’autres syndiqués dans des secteurs connexes, dans les services de garde, par exemple, qui ont souvent eu des «clauses remorques» qui leur accordaient les mêmes augmentations de salaire que les syndiqués du secteur public.

Or, selon l’interprétation donnée par le Conseil du trésor au moment de rédiger le texte de l’entente de principe avec le secteur public, ces autres syndiqués ne toucheraient pas la totalité des augmentations négociées par le front commun pour ses membres.

Mme Lévesque reconnaît que le front commun n’a pas l’intention de signer le texte tel que proposé au départ par le Conseil du trésor. «Je peux confirmer qu’on ne signera pas un texte de la façon dont il est écrit au moment où on se parle, parce que ça ne traduit pas nos discussions», a-t-elle prévenu.

Elle assure toutefois que les discussions se poursuivent avec le Trésor et que ce genre de désaccord au moment de rédiger les textes est même fréquent.

«Ce n’est jamais arrivé que, suite à une entente de principe, quand on se revoit pour traduire cette entente-là en texte de convention collective, que le premier document qu’on échange, c’est celui sur lequel on va apposer notre signature. C’est un processus normal de suivi de la négociation», souligne Mme Lévesque.

Elle invite donc ses membres à ne pas paniquer à ce stade-ci. «Dans nos rangs, des gens lisaient le journal et se disaient ‘bien voyons donc, comment ça se fait qu’on n’en a pas entendu parler?’ Bien justement, ils n’en ont pas entendu parler parce que pour nous, actuellement, c’est la suite normale d’une discussion qui fait suite à une entente de principe», affirme Mme Lévesque.

Le front commun représente 400 000 des 550 000 employés de l’État. Il comprend la CSN, la FTQ et le Secrétariat intersyndical des services publics, qui est lui-même constitué de la CSQ, du Syndicat de la fonction publique du Québec et de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

À Québec, le premier ministre Philippe Couillard a tenu les mêmes propos, mardi, disant qu’il était prématuré d’affirmer que l’entente de principe était en péril.