Entreposage de déchets nucléaires près du lac Huron: Ottawa repousse sa décision

OTTAWA – Le gouvernement fédéral repousse une fois de plus sa décision concernant l’autorisation de construction d’un site d’entreposage souterrain de déchets nucléaires près du lac Huron, en Ontario.

Le cabinet a annoncé dans un avis, lundi, qu’il accordait au gouvernement un délai de 243 jours pour trancher sur ce projet politiquement risqué.

Plusieurs reports sont déjà survenus depuis qu’un comité a approuvé, en mai, l’entreposage de déchets nucléaires en profondeur.

Le projet a suscité la véhémente opposition de nombreux groupes locaux et de centaines de communautés canadiennes et américaines établies aux alentours des Grands Lacs.

La société Ontario Power Generation (OPG) souhaite construire un centre d’entreposage souterrain et gérer sur le long terme des déchets radioactifs. Celui-ci serait situé sur le complexe nucléaire de Bruce, près de Kincardine, en Ontario.

Selon la proposition de l’OPG, des centaines de milliers de mètres cubes de déchets radioactifs — de niveaux faible et intermédiaire — seraient enfouis dans l’entrepôt souterrain à 680 mètres de profondeur.

En accordant son approbation, en mai, le comité gouvernemental concluait que le projet de l’OPG — d’une valeur de 1 milliard $ — représentait la meilleure façon de gérer les déchets. Le groupe évaluait par ailleurs que le risque de contamination du lac Huron était mineur et que les nombreuses conditions étaient respectées.

Le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper devait statuer sur ce dossier en septembre 2015, mais avait reporté sa décision au 1er mars 2016 et lancé une campagne électorale au terme de laquelle les libéraux de Justin Trudeau ont été portés au pouvoir.

En février, la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a demandé à l’OPG de fournir plus de détails sur son projet et de mener davantage d’études environnementales sur la question. Les réponses à cette requête devaient être rendues ce mois-ci.

L’Agence canadienne d’évaluation environnementale analyse présentement les nouvelles informations fournies. Elle consultera également la population avant de déterminer sous quelles conditions l’OPG pourra aller de l’avant.

Le processus d’évaluation environnementale du controversé projet a débuté en janvier 2006. L’OPG espère pouvoir entamer ses travaux de construction en 2018 et pouvoir commencer à emmagasiner des déchets nucléaires d’ici à 2025.

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