Équateur: le gouvernement quitte la capitale sous la pression des manifestants

QUITO, Équateur — Des milliers d’Autochtones en colère ont convergé mardi dans la capitale de l’Équateur, où les manifestations et les affrontements des derniers jours ont incité le président à déplacer de Quito son gouvernement assiégé.

Les violences ont commencé la semaine dernière, lorsque la décision du président Lenín Moreno de réduire les subventions a entraîné une forte hausse du prix du carburant. Plusieurs installations pétrolières du pays ont cessé leurs activités après avoir été prises d’assaut par des manifestants, selon le ministère de l’Énergie.

Lundi, la police a abandonné un véhicule blindé aux manifestants, qui l’ont incendié. Des émeutiers ont aussi fracassé des vitres de voitures, se sont introduits dans des magasins et ont confronté les forces de sécurité qui ont tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser une foule de plus en plus nombreuse.

Certaines séquences vidéo montraient des policiers en train de frapper des manifestants au sol. Les opposants ont accusé le gouvernement Moreno d’avoir commis des violations des droits de la personne dans ses tentatives de réprimer les manifestants.

Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence la semaine dernière, ce qui lui permet de restreindre certaines libertés civiles pour tenter de rétablir l’ordre.

M. Moreno a déclaré à la télévision nationale, lundi, que la sécurité de son gouvernement était menacée et que celui-ci poursuivrait ses activités dans la ville portuaire de Guayaquil plutôt qu’à Quito, la capitale.

Il a accusé les manifestants de vouloir commettre un coup d’État tout en affirmant qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de réduire les subventions sur le carburant. Ces coupes font partie des mesures annoncées dans le cadre d’un plan de financement de 4,2 milliards $ US conclu avec le Fonds monétaire international, censé renforcer l’économie de l’Équateur et créer des emplois.

Plusieurs commandants militaires en uniforme se tenaient derrière le président pendant son discours, dans une démonstration de soutien des forces armées.

M. Moreno a appelé au dialogue pour résoudre la crise. Il a du même coup accusé son prédécesseur de gauche, Rafael Correa, de tenter de déstabiliser l’Équateur avec l’aide du président vénézuélien Nicolás Maduro. L’Équateur fait partie des dizaines de pays qui réclament l’éviction du président vénézuélien.

Quelque 570 personnes ont été arrêtées pour diverses infractions, selon un porte-parole de la présidence, Juan Sebastián Roldán.

«Ce que nous vivons n’est pas une mobilisation pacifique, c’est de la délinquance et du vandalisme», a écrit M. Roldán sur Twitter.

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3 commentaires

SOUTIEN TOTAL AU COURAGEUX PEUPLE ÉQUATORIEN QUI SE SOULÈVE CONTRE LES MESURES NÉOLIBÉRALES DE LENIN MORENO LEUR PRÉSIDENT TRAÎTRE ET VENDU AUX USA ! C’est bien lui qui a donné Julian ASSANGE sous ordres de TRUMP

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Pourriez- vous en tant que journaliste relayer du contenu plutôt que de la forme ? Parler des revendications de ce peuple étouffé par le lobby des multinationales plutôt que d’écrire des articles à sensations décrivant finalement le combat d’un peuple désarmé face à des questions financières, économiques et éthiques confronté à une répression policière et gouvernementale disproportionnée ?

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