Équité salariale entre les facteurs: victoire du syndicat des Postes

MONTRÉAL — Le Syndicat des travailleurs des postes vient de remporter une victoire dans le dossier de l’équité salariale entre les facteurs.

L’arbitre qui devait se prononcer sur cet important dossier d’équité salariale a statué qu’il existe bel et bien un écart de salaires entre les facteurs en milieu urbain, rural et suburbain travaillant pour Postes Canada. Toutefois, il a jugé que des négociations devront être menées entre les parties pour en déterminer l’ampleur.

Cet enjeu date de la dernière négociation de la convention collective chez Postes Canada en 2016. Les parties avaient fini par s’entendre sur le renouvellement de la convention collective, mais il avait été convenu de transmettre la question de l’équité salariale entre les facteurs à un arbitre.

Le problème de fond vient du fait que les facteurs en milieu urbain sont à 70 pour cent des hommes, alors que les facteurs en milieu rural et suburbain, appelés FFRS, sont aux deux tiers des femmes. Or, la rémunération des FFRS est inférieure d’environ 25 pour cent.

Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, qui est affilié à la FTQ au Québec, avaient deux méthodologies différentes pour calculer les salaires. Postes Canada concluait à l’absence d’un problème d’équité, mais le syndicat en voyait un.

L’arbitre Maureen Flynn n’a toutefois pas évalué cet écart précisément. Elle a donné 90 jours aux parties pour en arriver à une entente sur la question, en se fondant sur ses directives.

Syndicat

«C’est une très grande victoire. On n’a pas obtenu 100 pour cent de ce qu’on a demandé, mais ce qu’on a obtenu, c’est vraiment très, très, très bien», a opiné au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Nancy Beauchamp, membre du comité de l’équité salariale et négociatrice en chef de l’unité de négociation des FFRS.

Et, selon elle, cela va plus loin. «C’est une grande victoire pour les FFRS, mais aussi pour toutes les femmes qui font un travail à prédominance masculine et qui ne sont pas reconnues. Enfin on a l’équité au niveau de Postes Canada.»

Postes Canada

Du côté de la direction de Postes Canada, la présidente du conseil d’administration et présidente-directrice générale par intérim, Jessica McDonald, a rappelé que l’arbitre a affirmé «qu’il reste du travail à faire» puisque l’écart et les montants n’ont pas été établis par celui-ci.

Postes Canada se dit «déterminée à agir rapidement et avec diligence, en collaboration avec le syndicat, afin de trouver une solution acceptable».

«L’égalité entre les sexes est un droit humain fondamental et toute disparité salariale fondée sur le sexe est totalement inacceptable pour Postes Canada», a affirmé la société.

La décision pourrait avoir d’importantes répercussions, puisque le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes compte quelque 54 000 membres au Canada, dont 28 000 facteurs. De ce nombre, environ 8000 sont des facteurs ruraux et suburbains.