Équité salariale:des milliers de travailleuses attendent encore, déplore le SCFP

MONTRÉAL – À l’occasion du 8 mars, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a tenu à dénoncer le fait que le règlement du dossier de l’équité salariale pour les travailleuses qui oeuvrent en éducation et en santé tarde depuis plus de six ans.

Il reste un peu plus de 50 catégories d’emplois féminins, soit des dizaines de milliers de travailleuses qui attendent qu’un «ajustement» salarial leur soit versé pour corriger le fait qu’elles sont sous-payées, a déploré au cours d’une conférence de presse Mélanie Gougeon, conseillère au service d’évaluation du SCFP, affilié à la FTQ.

Ce sont donc six ans de paiements de rétroactivité qu’elles n’ont pas encore touchés.

«En cette Journée internationale des femmes, on s’est dit qu’il était temps que le gouvernement bouge. Ç’aurait été une belle occasion de nous convoquer pour régler ce dossier-là. En santé, en éducation, ce sont des dizaines de milliers de travailleuses qui ne sont pas payées à leur juste valeur pour du travail qu’elles font au quotidien auprès de vos familles, de vos enfants, de vos parents», a plaidé Mme Gougeon.

Il s’agit par exemple d’agentes administratives, de techniciennes en administration, de secrétaires d’école, d’auxiliaires en santé et services sociaux, de conseillères en orientation, d’orthophonistes-audiologistes.

Le SCFP-Québec reproche au Conseil du trésor de faire traîner en longueur le dossier, plutôt que de verser les sommes dues.

Le gouvernement a déjà fait valoir qu’il s’agissait d’un dossier complexe, qu’il y avait eu de nombreuses séances de discussions.

De plus, il devait aussi concentrer ses efforts sur la négociation avec les secteurs public et parapublic, en 2015. Puis, en 2016-2017, un autre remue-ménage a touché le secteur de la santé et des services sociaux: la période de votes d’accréditation syndicale, rendue nécessaire par les fusions des établissements de santé.

Mme Gougeon affirme ne pas comprendre ce dernier argument des votes d’accréditation syndicale dans la santé, puisque les travailleuses qui toucheraient éventuellement un ajustement salarial le toucheraient, peu importe l’organisation syndicale à laquelle elles sont rattachées.

«Ça fait six ans qu’on attend pour ces règlements-là; ça n’a pas de maudit bon sens!» a tonné le directeur québécois du SCFP, Marc Ranger.

«Si le gouvernement avait montré la même hâte qu’il a démontrée dans le dossier des médecins spécialistes, ou dans sa dernière loi spéciale au niveau des juristes de l’État», le dossier de l’équité salariale aurait été réglé pour des dizaines de milliers de travailleuses, a protesté M. Ranger.