Erin O’Toole devient chef du Parti conservateur du Canada

OTTAWA — Erin O’Toole est devenu chef du Parti conservateur du Canada lundi aux petites heures du matin, après une soirée marquée par les délais.

Il devient ainsi le troisième chef, après Stephen Harper et Andrew Scheer, à diriger le parti sur une base non intérimaire depuis la fusion entre l’Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur du Canada.

C’était la deuxième fois que M. O’Toole tentait de briguer le poste. Il avait terminé troisième dans la course à la direction en 2017 et a réussi à se hisser cette fois devant son rival Peter MacKay au troisième tour avec 57% des voix.

Les coprésidents du Comité organisateur de l’élection du chef, Lisa Raitt et Dan Nowlan, en ont fait l’annonce lundi, un peu après une heure du matin. Le dévoilement des résultats a été retardé pendant des heures en raison d’un pépin technique dans le dépouillement des votes.

La machine qui devait comptabiliser les bulletins de vote avait endommagé des milliers d’entre eux, forçant les responsables à les vérifier manuellement ou à les reproduire dimanche en journée.

M. MacKay était arrivé en tête du premier tour du scrutin visant à élire le nouveau chef conservateur, mais il était suivi de près par M. O’Toole. Ce dernier avait notamment réussi à se démarquer au Québec et à supplanter M. MacKay, qui comptait entre autres sur la province pour faire le plein de votes.

L’ex-député Alupa Clarke, qui a présidé la campagne de M. O’Toole au Québec, avait confié à La Presse Canadienne avant l’annonce des résultats qu’il y avait eu une «percée» de son candidat dans la province dans les derniers mois.

«C’est un homme à la fois bon orateur, très intelligent, rationnel, et à la fois sanguin, émotif et proche du monde. Et ça, selon moi, c’est un »mix » formidable pour convaincre les Québécois du bien-fondé de notre cause et de nos politiques», a-t-il dit.

Le député québécois Richard Martel a pour sa part dit que le travail de terrain a fait toute la différence dans le cas de M. O’Toole.

«Vous savez, au début, il a parti un peu « underdog » parce que M. MacKay était très haut. Alors petit à petit, Erin a monté, monté (…) et les gens en parlaient beaucoup plus. Il y a eu un bon travail de terrain qui s’est fait», a analysé M. Martel.

Prenant la parole après sa victoire, M. O’Toole a d’ailleurs tenu à se présenter.

«Aux millions de Canadiens qui sont encore debout et que je rencontre pour la première fois: Bonjour! Je m’appelle Erin O’Toole. Vous allez me voir et m’entendre souvent dans les prochaines semaines et prochains mois», a-t-il lancé.

Il a ensuite tenu à faire preuve de dérision sur son accent, en admettant qu’il  «parle comme un anglo». Mais un anglo qui respecte les francophones et qui est fier de parler français, a-t-il assuré.

Puis, il n’a pas manqué d’attaquer les autres partis. Les libéraux de Justin Trudeau et les néodémocrates de Jagmeet Singh ont selon lui laissé tomber les familles canadiennes, mais M. O’Toole a réservé ses critiques au Bloc québécois, qui courtise lui aussi le vote québécois nationaliste.

«On va se dire la vérité: le Bloc est passé date. Il renaît quand Justin Trudeau méprise les Québécois. Ça va être très différent avec moi», a averti le nouveau chef conservateur.

Mais avant de penser aux prochaines élections, M. O’Toole devra prôner l’unité au sein de son propre parti. Peter MacKay avait bien plus d’appuis au sein du caucus dans cette course à la direction.

Le candidat défait au troisième tour était présent sur scène aux côtés des candidats Leslyn Lewis, éliminée au deuxième tour, et Derek Sloan, éliminé au premier tour.

M. O’Toole a tenu à tendre la main à ses adversaires, mais aussi à tous les Canadiens.

«Aujourd’hui, vous me donnez une mission claire: unir notre parti, me tenir debout pour nos valeurs et démontrer encore une fois que Justin Trudeau affaibilit le Canada», a-t-il dit.

«Mais je ne vais pas juste critiquer les libéraux. Nous allons proposer une vision d’un Canada plus fort, plus uni et plus prospère. Une vision positive conservatrice», a poursuivi M. O’Toole.

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