Erin O’Toole navigue sur un nouveau territoire en tant que chef conservateur

OTTAWA — L’un des emplois d’Erin O’Toole lorsqu’il faisait partie de l’armée était de piloter un hélicoptère Sea King dans le ciel canadien. Il relève désormais le défi de parcourir le terrain politique en tant que nouveau chef du Parti conservateur du Canada.

Erin O’Toole, âgé de 47 ans, a grandi dans une famille qui aimait la politique. Son père a été longtemps député à l’Assemblée législative de l’Ontario, mais après avoir quitté l’armée où il a servi dans l’Aviation royale canadienne, le jeune O’Toole a bâti une carrière hors de la politique avant de se lancer lui-même dans la mêlée lors d’une élection partielle de 2012.

Au cours des cinq années suivantes, il a progressivement développé son profil politique, notamment en tant que ministre des Anciens combattants. Dans la foulée des élections de 2015 au cours desquelles les conservateurs ont été chassés du pouvoir, il a décidé de présenter sa candidature au poste de chef lorsqu’il est devenu vacant à la suite de la démission de Stephen Harper.

Erin O’Toole a terminé troisième lors de la course 2017 et ce sont ses supporters qui ont finalement permis à Andrew Scheer d’être le vainqueur cette année-là.

Parmi les meneurs de la course, Erin O’Toole a été le seul à être resté proche d’Andrew Scheer par la suite.

Alors que Maxime Bernier, qui a terminé deuxième, a démissionné et a formé son propre parti, et Brad Trost, qui s’est classé quatrième, a été contraint de se battre pour être investi dans une circonscription, ce à quoi il a échoué, Erin O’Toole a été récompensé en se voyant attribuer les fonctions de porte-parole en matière d’affaires étrangères.

Il s’en est servi pour continuer à se construire une marque, devenant un faucon de la politique chinoise et un des premiers à adopter l’aversion de la droite pour ce qui est devenu connu sous le nom de la «cancel culture», un mouvement qui fait généralement référence à des personnalités historiques ou contemporaines méprisées en raison de leurs gestes ou de leurs opinions.

Prendre cette route a aidé Erin O’Toole à tisser des liens dans les camps les plus à droite du parti et il s’est appuyé sur eux durant cette campagne à la direction.

Lors de la campagne, il a adopté une posture agressive, reprenant l’appel du président américain Donald Trump à «rendre sa grandeur à l’Amérique» en s’engageant à «reconstruire le Canada».

À un moment donné, on s’attendait à ce qu’il perde la course en Alberta, en trébuchant de façon précoce sur la politique énergétique en promettant de mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles puis en changeant radicalement de position, ce qui lui a coûté des appuis.

Cependant, dans l’ensemble, son ton était une différence marquée pour un homme qui avait été nommé au cabinet en 2015, en partie parce qu’il était connu pour être un communicateur affable et calme qui pouvait aplanir les relations tendues avec les anciens combattants.

Il n’a pas totalement évité de présenter un côté plus tendre, mettant souvent en valeur sa femme et ses enfants dans des vidéos de campagne. Alors que la COVID-19 l’a forcé à prendre un virage numérique, sa fille Mollie a été formée à se servir d’une caméra, tandis que son fils Jack l’aidait à organiser des réunions virtuelles.

Ses enfants et sa femme Rebecca, avec qui il est marié depuis 20 ans, l’ont rejoint pour l’annonce des résultats.

Dans l’un de ses derniers messages de la campagne, Erin O’Toole a décrit le parti comme une sorte de famille, comparant la course à la direction à un long dîner de l’Action de grâce où des points de vue disparates étaient discutés, mais lors duquel les aspirants se rallieraient à la fin.

Il a promis de mener cette cause dans son discours de lundi matin.

«Vous avez mis votre foi en moi pour diriger ce parti historique et je suis honoré et touché, a-t-il dit. Je vous promets que je ne vous laisserai pas tomber.»

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