Erin O’Toole rabroue une de ses députées qui met en doute la sévérité de la COVID-19

OTTAWA — Le chef conservateur Erin O’Toole a rabroué publiquement une de ses députées qui a mis en doute la sévérité de la COVID-19, mais n’a pas voulu dire quel sort attendrait ceux qui, comme elle, répandent des informations qui pourraient contribuer à l’hésitation vaccinale.

En entrevue avec CTV News, dimanche, Marilyn Gladu – qui fait partie d’un groupe restreint de députés et de sénateurs conservateurs qui veulent défendre les droits de ceux qui refusent le vaccin contre la COVID-19 – a laissé entendre que le coronavirus était moins pire que la polio, qui a tué et rendu infirmes des dizaines de milliers de Canadiens jusqu’à ce qu’on administre un vaccin dans les années 1950.  

La réponse de Mme Gladu a fait bondir l’animateur Evan Solomon pendant l’entrevue, qui lui a fait remarquer que la pandémie de COVID-19 a fait des dizaines de milliers de morts en un plus court laps de temps. Ce sont plus de 29 000 Canadiens qui sont morts de la COVID-19 depuis mars 2020. 

En conférence de presse, lundi, M. O’Toole a reconnu que les propos de sa députée avaient causé de la «confusion» et contribué à accentuer l’hésitation vaccinale chez les Canadiens. 

«Ce n’était pas approprié alors que nous devrions être en train de répondre aux questions de ceux qui hésitent à se faire vacciner, pas en train de susciter de nouvelles questions», a-t-il déclaré aux journalistes.Le chef conservateur n’a cependant pas dit quel sort attendrait Mme Gladu, en répétant simplement qu’il allait aborder le sujet avec son caucus, en privé.

M. O’Toole s’est dit tout à fait à l’aise avec le «caucus des libertés civiles» qui s’est créé au sein des troupes conservatrices pour défendre les droits des non-vaccinés et dont Mme Gladu fait partie. Il soutient que ses élus ont le droit de défendre les différents intérêts des électeurs qu’ils représentent, mais qu’il y a une ligne à ne pas franchir.

«Il y a une grande différence entre défendre ses concitoyens qui auraient besoin d’accommodements raisonnables et de créer la confusion au sujet des mesures de santé publique», a-t-il dit. «Quand les députés créent de la confusion, c’est un pas de recul et c’est ce que nous avons vu hier», a-t-il poursuivi. 

Mme Gladu n’est pourtant pas la seule de son parti à véhiculer des informations fausses ou partielles au sujet de la COVID-19. Sur Twitter, la députée Leslyn Lewis a mis en doute l’utilité du vaccin contre la COVID-19 pour les enfants de 5 à 11 ans qui est toujours sous étude par Santé Canada. Et le député Dean Allison invite des militants anti-confinement à son émission de télévision. 

Mme Gladu et Mme Lewis refusent de dévoiler leur statut vaccinal, alors que M. Allison dit avoir une exemption médicale qui l’empêche de recevoir le vaccin contre la COVID-19. 

Lundi, M. O’Toole a réitéré que le Parti conservateur du Canada encourage la vaccination contre la COVID-19 et que tous les élus de son caucus se doivent de donner l’exemple et d’obéir aux règles. Ainsi, tous ceux qui siégeront à la Chambre des communes à compter du 22 novembre seront entièrement vaccinés, a-t-il assuré.

La semaine dernière, l’ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney a déclaré, également en entrevue avec CTV News, que M. O’Toole devait démontrer du leadership et montrer la porte à ses députés non vaccinés. Au dernier décompte de La Presse Canadienne, 82 députés conservateurs, dont M. O’Toole, sur 119 disaient être pleinement vaccinés contre la COVID-19. 

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