Erin O’Toole veut unir son parti pour former un «gouvernement en attente»

OTTAWA — Le nouveau chef du Parti conservateur Erin O’Toole entend démontrer aux Canadiens que son parti peut s’unir pour former un «gouvernement en attente».

«En travaillant ensemble, les Canadiens ont toujours surmonté l’adversité. Notre caucus conservateur le peut aussi. À travers le respect, le professionnalisme et la recherche de l’excellence, nous allons démontrer à tous les Canadiens que nous sommes un gouvernement en attente», a-t-il dit.

M. O’Toole a tenu ces propos dans un discours, mercredi, lors de la première réunion officielle du caucus depuis qu’il a remporté la course à la direction le mois dernier. La rencontre avait lieu à l’édifice Sir John A. Macdonald à Ottawa — nommé par Stephen Harper en l’honneur du premier premier ministre du Canada et un conservateur, de surcroît.

C’était aussi le seul endroit près de la colline parlementaire qui pouvait accueillir des dizaines de députés en respectant la distanciation sociale.

Les élus croisés à l’entrée du caucus ne semblaient pas mal à l’aise à l’idée de se rassembler de la sorte en personne, alors que les autorités de santé publique recommandent de redoubler de vigilance pour éviter une recrudescence des cas.

«On va prendre nos distances. C’est pour ça qu’on va le faire dans cette salle-là. C’est une grande salle et on va respecter les mesures sanitaires», a fait valoir Richard Martel, lieutenant politique de M. O’Toole au Québec.

«Je pense que c’est important qu’on ait la chance de se rencontrer en personne, ça fait longtemps. Bien sûr, il faut le faire de façon sécuritaire», a commenté son collègue Blake Richards, whip en chef de l’opposition.

Les élus semblaient aussi soulagés de tourner la page sur une course à la direction marquée par les sorties de l’ex-candidat à la direction Derek Sloan, qui avaient été mal digérées par le caucus. Certains députés souhaitaient qu’il soit expulsé. M. Sloan a terminé quatrième au terme de la course.

«Ce qui a été dit par rapport à M. Sloan, c’était dans le cadre d’une course au leadership. Ce qui est dans le cadre d’une course au leadership, c’est une chose. Là, on regarde vers l’avant», a déclaré Gérard Deltell, leader parlementaire du parti.

M. Sloan est toujours député, mais n’a pas obtenu de place au sein du cabinet fantôme de M. O’Toole. Le député n’en tient cependant pas rigueur à son chef.

S’adressant aux médias, mercredi, M. Sloan a dit qu’il allait travailler avec M. O’Toole, tout en continuant de défendre des positions qui lui sont chères — comme l’opposition au droit à l’avortement.

Des plaques, non des manifs

M. O’Toole a aussi dit que des plaques devraient être installées sur les sites historiques et des monuments qui reflètent des moments controversés de l’histoire du Canada.

Ces dernières semaines, des statues de John A. Macdonald ont été vandalisées par des militants antiracistes. Le chef conservateur a pris position sur les réseaux sociaux en disant que de tels gestes ne servent «qu’à manquer de respect à la mémoire de ceux qui ont construit notre grand pays».

Il a noté que le sénateur Murray Sinclair, qui a présidé la Commission de vérité et réconciliation, a dit en 2017 que de tels gestes de vandalisme étaient «contreproductifs» et a plutôt suggéré de mettre des plaques à côté de monuments qui rappellent des moments plus sombres de l’histoire canadienne.

«Peut-être qu’on devrait faire cela près de l’édifice Langevin. Peut-être qu’on devrait faire cela près de l’aéroport Trudeau», s’est moqué M. O’Toole.

Il a établi un parallèle entre l’héritage de John A. Macdonald et celui du chef métis Louis Riel, pendu par Macdonald pour trahison et «possiblement l’un des personnages les plus débattus de l’histoire canadienne».

«Riel est considéré comme le père fondateur du Manitoba, un guerrier pour les droits autochtones et des Métis, un héros pour les francophones, un membre du Parlement à trois reprises. Il a aussi été considéré comme un traître», a-t-il ajouté.

Il estime que tant John A. Macdonald que Louis Riel «sont deux Canadiens qui ont fait des bons et des mauvais choix et les livres d’histoire les ont scrutés, avec raison».

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