Esclavage: les Jésuites promettent des millions de dollars en dédommagements

NEW YORK — La branche américaine des Jésuites a annoncé une initiative ambitieuse de «vérité et réconciliation», en partenariat avec les descendants des gens jadis réduits en esclavage par l’ordre catholique.

Les Jésuites se sont engagés à récolter 100 millions $ US d’ici cinq ans, avec un objectif ultime d’un milliard de dollars, auprès de différents bienfaiteurs, à des fins de justice raciale et de guérison raciale.

Même le plus petit montant représente le plus important engagement financier à ce jour par une institution religieuse américaine, alors que plusieurs d’entre elles tentent de réparer leur participation ancienne à l’esclavage et à l’oppression raciale.

L’Association des descendants GU272 collabore avec la Conférence jésuite du Canada et des États-Unis dans le cadre de cette initiative. L’association représente les descendants de 272 esclaves (hommes, femmes et enfants) vendus par les Jésuites de l’Université de Georgetown aux propriétaires de plantations de la Louisiane en 1838.

Ensemble, les deux partenaires ont formé la fondation Descendants Truth & Reconciliation pour superviser la récolte de l’argent et sa distribution. Les Jésuites ont déjà placé 15 millions $ US dans une fiducie pour financer cet effort.

Le président intérimaire de la fondation, Joe Stewart, compte parmi le millier de descendants d’Isaac Hawkins, un esclave vendu en 1838.

Les Jésuites devraient récolter 100 millions $ US par le biais de leur propre infrastructure de financement, a dit M. Stewart; le montant d’un milliard serait atteint avec l’aide de corporations, de fondations et du public.

On ne sait pas encore exactement comment les fonds seront utilisés. M. Stewart a toutefois dit qu’environ la moitié de la somme sera remise à des organisations qui font la promotion de la justice et de la réconciliation raciales. L’argent pourrait aussi financer des bourses et d’autres aides éducatives aux descendants des 272 esclaves.

«Nous aurons des programmes dans trois ou cinq ans, a dit M. Stewart. Mais ce ne sera jamais aussi important que ce que nous ferons à long terme, pendant les 50 ou 100 prochaines années.»

– Par David Crary, The Associated Press

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