Espionnage: la famille d’un condamné en Russie souhaite un échange de prisonniers

TORONTO — La famille d’un directeur de sécurité d’entreprise canado-américain condamné pour espionnage par un tribunal russe a déclaré qu’elle tentait de le ramener chez lui.

Paul Whelan, né à Ottawa, mais détenant la citoyenneté canadienne, américaine, britannique et irlandaise, a été condamné à 16 ans de prison après un procès à huis clos à Moscou que les États-Unis ont dénoncé comme une «moquerie de la justice».

Son frère jumeau David, qui vit à Toronto, a déclaré que leur famille s’était toujours attendue à une condamnation, mais également que le gouvernement russe ne parlerait pas de la possibilité de libérer Paul avant que le tribunal n’ait rendu son verdict.

«Aujourd’hui, c’est vraiment la suppression de cet obstacle et il y a un côté positif», a déclaré David Whelan dans une interview. «Maintenant, nous pouvons dire, OK, tout le monde peut passer aux choses sérieuses et trouver comment ramener Paul à la maison».

« Je pense qu’il y a là des outils que le gouvernement américain et le gouvernement russe ont utilisés dans le passé.»

Paul Whelan, un directeur de sécurité d’entreprise a insisté sur son innocence, affirmant qu’il avait été victime d’un coup monté lors de son arrestation à Moscou en décembre 2018 alors qu’il voyageait en Russie pour assister au mariage d’un ami.

David Whelan a déclaré qu’à part un appel téléphonique de 15 minutes à leurs parents dans le Michigan, la famille n’a eu aucun contact direct avec Paul depuis son arrestation il y a près de 18 mois. Paul Whelan a subi une intervention chirurgicale d’urgence il y a deux semaines pour une hernie, et David a déclaré que la famille avait appris la procédure en lisant le journal.

«Cela a tendance à être notre principale façon d’obtenir des informations ou alors si l’une des quatre ambassades rend visite à Paul et rapporte des nouvelles», a déclaré David Whelan, qui vit à Toronto.

David Whelan note également que l’un des deux avocats de son frère parle anglais et peut transmettre des messages, mais uniquement avec la permission du juge ou du procureur.

Vladimir Zherebenkov, l’avocat russe de Whelan, a souligné des déclarations d’officielles russes qui indiquent la possibilité que son client puisse être échangé contre les Russes Viktor Bout et Konstantin Yaroshenko.

Viktor Bout, un marchand d’armes russe, purge une peine de 25 ans aux États-Unis pour une condamnation en 2011 relativement à des accusations de complot en vue de vendre des armes à des rebelles colombiens. Il a insisté sur le fait qu’il était un homme d’affaires légitime.

Vladimir Yaroshenko, un pilote russe, purge une peine de 20 ans pour complot en vue de faire passer de la cocaïne aux États-Unis après avoir été arrêté au Libéria en 2010 et extradé vers les États-Unis.

Les responsables et les législateurs russes ont qualifié les condamnations de Viktor Bout et de Vladimir Yaroshenko de motivations politiques et ont demandé leur libération.

Arne Kislenko, qui enseigne l’histoire de l’espionnage à l’Université Ryerson et travaillait dans le milieu du renseignement, a déclaré que le cas de Paul Whelan avait toujours été un stratagème politique du gouvernement russe.

«Juste la façon dont le procès a été façonné, le résultat – qui était manifestement acquis d’avance – il a toute la dynamique d’un théâtre politique», a déclaré Arne Kislenko.

«Après avoir étudié et suivi la politique russe à cet égard, il est probable qu’il y ait un dénouement et je pense qu’il pourrait y a voir une sorte d’échange».

David Whelan a déclaré que sa famille avait été en contact avec des lobbyistes qui ont des liens avec le président américain Donald Trump, ainsi qu’avec des membres du Congrès, pour aider à faciliter un échange.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a abordé la question dans un tweet lundi soir, affirmant que le Canada est «profondément préoccupé» par la condamnation de Whelan et sa «lourde» peine.

«Nous demandons à la Russie de garantir un processus d’appel équitable et transparent et continuons de travailler avec nos partenaires de l’Irlande, du Royaume-Uni et des États-Unis afin de soutenir Whelan et sa famille.»

– Avec des informations de l’Associated Press

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