Été difficile: la FIQ veut des mesures pour «garder la tête hors de l’eau»

MONTRÉAL — La FIQ reproche au gouvernement Legault de n’avoir pas tenu parole en resserrant les règles quant au recours aux agences privées de placement. Et, selon l’organisation syndicale, ce sont les infirmières des établissements de santé qui en font les frais.

La Fédération interprofessionnelle de la santé affirme jeudi que l’arrêté ministériel qui devait imposer de nouveaux paramètres de facturation aux agences privées de placement a été modifié à la suite de pression de ces agences. Des agences auraient menacé de ne plus rendre disponible du personnel si les critères étaient trop resserrés.

La FIQ, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, affirme qu’en bout de course, ce sont les infirmières des établissements de santé qui écopent, en se retrouvant avec des quarts de travail défavorables, des heures supplémentaires obligatoires et un ratio infirmière-patients trop élevé.

«Nous assistons à la concrétisation de l’été désastreux que nous anticipions dans le réseau de la santé. Dès le début du mois de mai, en collaboration avec d’autres syndicats du milieu de la santé, nous avions interpellé le gouvernement pour qu’il convienne avec nous de mesures non contraignantes qui permettraient de reconnaître l’apport du personnel du réseau et de passer la période estivale sans qu’elles y laissent leur peau», a lancé la présidente de la FIQ, Julie Bouchard.

«Non seulement il a fait la sourde oreille à nos demandes, mais il abandonne littéralement les professionnelles en soins qui croulent actuellement sous le temps supplémentaire obligatoire et une charge de travail démesurée», a ajouté la dirigeante syndicale. 

L’organisation syndicale soutient qu’il est faux d’affirmer que la situation, cet été, est seulement due aux vacances du personnel et aux travailleurs de la santé qui sont atteints de la COVID-19.

Elle demande au gouvernement de trouver des moyens pour alléger le travail des infirmières surchargées du réseau, pour qu’elles puissent «garder la tête hors de l’eau» et pour les retenir plutôt que de «faciliter la vie» au personnel des agences privées.

Aussi, les infirmières, comme d’autres travailleurs dans la santé, ont perdu leurs primes COVID à la mi-mai.

Réagissant aux propos de la FIQ, le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a indiqué avoir déjà présenté un plan pour atténuer les répercussions des vacances, jumelées aux cas de COVID au sein du personnel.

«Il y a encore des milliers d’absences dans le réseau, en raison notamment de la COVID. Nous avons pris les devants pour informer la population et préparer le réseau. Christian Dubé a présenté un plan pour atténuer les bris de services, alors que nos travailleurs doivent prendre leurs vacances. Il a d’ailleurs assuré que dans chacune de ces régions, des corridors de services seront mis en place.»

Le cabinet a aussi fait valoir que le réseau se trouve «dans une période de transition».

«Avec les changements qu’on est en train de proposer, on va rendre le réseau beaucoup plus solide et performant dans les années à venir», en modifiant la contribution des professionnels de la santé, dont les médecins, les infirmières, les techniciens ambulanciers paramédics et les pharmaciens, a ajouté le cabinet. 

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