Étiquetage en anglais: un «précédent» selon le Bloc, les libéraux rejettent la «chicane»

OTTAWA — Le Bloc québécois accuse le gouvernement Trudeau de créer un dangereux «précédent» en permettant la distribution de certains produits de nettoyage avec un étiquetage en anglais seulement.

Santé Canada a adopté des mesures provisoires pour autoriser la distribution au pays de désinfectants, antiseptiques et produits nettoyants en provenance des États-Unis en temps de pandémie.

Les étiquettes de ces contenants pourraient donc être uniquement en anglais, contournant ainsi les exigences canadiennes en matière de bilinguisme.

La situation a été dénoncée par des groupes francophones au pays, qui s’inquiètent d’une érosion de leurs droits.

Le leader parlementaire bloquiste, Alain Therrien, a voulu relayer leurs préoccupations lors de la période de questions aux Communes, mercredi après-midi.

«Là, on invoque le problème de la COVID-19 pour faire en sorte que la loi sur le bilinguisme au Canada soit bafouée sur l’autel de la dignité des francophones du Canada», s’est-il indigné.

«C’est le cheval de Troie, monsieur le président!» a ajouté M. Therrien, qui est même allé jusqu’à exiger des excuses de la part du gouvernement fédéral.

Ses commentaires ont soulevé l’ire du leader parlementaire du gouvernement et lieutenant politique du Québec, Pablo Rodriguez.

«À aucun moment ceci n’est un cheval de Troie. C’est une mesure exceptionnelle pour une situation absolument exceptionnelle», a rétorqué M. Rodriguez. «Si on pouvait faire tout ce qu’on veut, on ferait autrement», a-t-il ajouté.

Il s’est ensuite tourné vers la présidence de la Chambre des communes pour manifester son mécontentement.

«Mon collègue (…) est en train d’inventer une petite chicane ici. Il n’y en a pas, monsieur le président», a-t-il dit.