Étude: difficultés d’emploi et revenus largement inférieurs pour d’ex-détenus

OTTAWA — Une nouvelle étude fédérale constate que les personnes libérées de pénitencier ont beaucoup plus de mal que le reste de la population à se trouver un emploi payant, même plus de dix ans après leur réinsertion en société. 

Des chercheurs du ministère de la Sécurité publique et de Services correctionnels Canada ajoutent que les femmes et les Autochtones ont encore plus de mal à se tailler une place sur le marché du travail.  

Ces chercheurs signalent que la possibilité de travailler est une clef importante pour toute personne libérée de pénitencier, tant pour réussir sa réintégration sociale que pour diminuer son risque de récidive criminelle.  

L’étude s’est attardée au parcours de milliers de détenus ayant été admis dans les pénitenciers fédéraux du 4 janvier 1999 au 31 décembre 2001 et qui ont produit au moins une déclaration de revenus en 2014, soit au moment où, en moyenne, ils étaient âgés de 47 ans.  

Or, même plusieurs années après leur retour en société, les revenus de ces anciens détenus demeuraient faibles. Un grand nombre vivaient sous le seuil de la pauvreté.  

Au moment où dans la population générale, le revenu annuel moyen des hommes s’élevait à 39 580 $ et celui des femmes à 27 750 $, celui des anciens détenus étudiés n’était que de 14 000 $ et de moins de 10 000 $ pour les femmes libérées de pénitencier. Sans surprise, ces clientèles ont eu davantage recours à l’aide des gouvernements.  

L’étude recommande que les lois interdisant la discrimination à l’emploi soient raffermies et qu’avant leur remise en liberté, ces détenus ayant besoin d’aide soient mieux identifiés, en particulier s’ils sont plus âgés et s’il s’agit de femmes et d’Autochtones.  

Le discours du Trône de l’automne dernier contenait des engagements pour plus d’argent et pour des ajustements aux législations fédérales pour s’attaquer aux inégalités systémiques dans tous les aspects du système judiciaire canadien.  

Dans son budget de cette semaine, le gouvernement du Canada a fait part de son intention de faciliter l’obtention d’une suspension du casier judiciaire, ce qui peut aider un ex-détenu à se trouver un emploi.

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