Euthanasie: une médecin néerlandaise est acquittée

LA HAYE, Pays-Bas — Une médecin néerlandaise a été acquittée mercredi en lien avec l’euthanasie d’une femme de 74 ans dont la volonté de mourir n’était pas suffisamment claire aux yeux de certains.

La femme a reçu une dose létale de médicaments il y a trois ans même si elle avait possiblement changé d’idée après avoir indiqué par écrit qu’elle souhaitait être euthanasiée.

Les avocats et les médecins espèrent que cette affaire permettra de clarifier comment la loi néerlandaise sur l’euthanasie, qui a été adoptée en 2002, s’applique aux gens atteints de démence grave.

Le tribunal a tranché qu’un médecin confronté à un patient souffrant d’une démence grave et qui a précédemment demandé par écrit à mourir «n’a pas à confirmer le désir actuel de mourir».

Le tribunal régional de La Haye a estimé que, dans cette affaire, la médecin a respecté tous les critères imposés par la loi néerlandaise légalisant l’euthanasie. Le jugement a été accueilli par les applaudissements des dizaines de spectateurs présents dans la salle d’audience.

La médecin était accusée de négligence par les procureurs qui lui reprochaient de ne pas avoir déployé suffisamment d’efforts pour confirmer que la patiente souhaitait réellement mourir. Au moment de l’euthanasie, la médecin avait mis un médicament dans le café de la patiente à son insu, puis des proches de la dame l’avaient immobilisée pour permettre l’injection létale.

Les procureurs n’excluent pas de porter le jugement en appel.

La loi néerlandaise permet l’euthanasie si le patient en prise à une souffrance «insupportable» présente une demande réfléchie et volontaire. Des directives écrites peuvent aussi être présentées pour référence future.

La femme de 74 ans avait consigné ses volontés par écrit environ un an avant sa mort, demandant à être euthanasiée «quand je jugerai que le moment est venu». Mais quand on lui a plus tard demandé si elle voulait mourir, elle aurait répondu, «oui, mais pas maintenant, ce n’est pas encore si terrible».

Moins de 20 personnes souffrant d’une démence grave ont été euthanasiées depuis 2002.

Un médecin belge accusé de l’euthanasie inappropriée d’une autiste subira son procès plus tard cette année.