Explosion à Saint-Roch-de-l’Achigan: au moins trois employés manquent à l’appel

Au moins trois personnes manquent toujours à l’appel, jeudi soir, à la suite de la violente explosion chez un distributeur de propane qui est venue secouer la quiétude de la petite municipalité de Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière.

«Vers 11h00, je crois, ç’a explosé. Je travaille à la maison et ç’a brassé. Je pensais que quelque chose était tombé sur la maison», a raconté une voisine de l’entreprise, Karine Lamarche, en entrevue avec La Presse Canadienne. 

Elle a dû se rendre à l’évidence lorsqu’elle est sortie de son domicile pour aller chercher son courrier: «J’ai vu la grosse fumée dans le ciel, beaucoup de feu qui partait du sol et qui montait dans les airs. Il y avait beaucoup de fumée noire et beaucoup de monde sur place aussi parce qu’ils n’avaient pas encore évacué.»

En soirée, la sergente Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), a confirmé que trois employés de l’entreprise n’avaient pas été vus depuis l’explosion, parlant d’eux comme étant «trois victimes potentielles».

«Nos pensées sont dirigées vers les familles de ces personnes, avec lesquelles nous sommes en contact actuellement. Donc c’est une large scène, un large terrain, que les policiers devront scruter de façon minutieuse au niveau de l’expertise de la scène. Ce travail-là va durer plusieurs jours», a mentionné la sergente Cossette en mêlée de presse.

La porte-parole de la SQ n’a toutefois pas voulu donner de détails sur les trois personnes toujours considérées disparues, étant donné que les recherches se poursuivent, à l’exception du fait qu’il s’agissait bien de trois employés de Propane Lafortune.

Cependant, le corps policier n’exclut pas que ce bilan change, puisque d’autres personnes, comme des clients, auraient pu se trouver sur les lieux au moment de l’explosion. «Il n’y a rien d’impossible, donc on demeure prudents sur ces aspects-là. Mais on est quand même en contact avec trois familles de gens qui manquent à l’appel», a précisé la sergente Cossette.

«Saint-Roch frappée en plein coeur»

Dévasté, le maire de Saint-Roch, Sébastien Marcil, peinait à retenir ses larmes en après-midi: «Saint-Roch est frappée en plein coeur aujourd’hui, a-t-il laissé tomber lors d’une mêlée de presse. La famille Lafortune est implantée ici depuis des années. À peu près tout le monde a un lien avec eux, de près ou de loin.»

Il semblait peu probable dans l’immédiat que des personnes aient pu fuir le violent incendie qui a suivi.

«Ç’a été un choc pour toute la communauté, une petite communauté, Saint-Roch-de-l’Achigan, mais on se croise les doigts, on garde espoir», a-t-il dit en sanglotant.

«On connaît un petit peu les gens qui travaillent là. On a entendu comme tout le monde qu’il manquait des gens. C’est dommage, c’est triste, ça me touche parce que c’est quand même une compagnie à côté de chez nous», a reconnu de son côté Karine Lamarche.

En fin de journée, Propane Lafortune a publié une déclaration pour assurer qu’elle collaborera avec les autorités pour la suite des choses.

«Nous sommes profondément bouleversés par cet évènement et nous suivons la situation de près. C’est la première fois en 60 ans que notre entreprise vit une telle épreuve. Nous sommes de tout cœur avec nos employés, leurs familles et tous ceux qui pourraient être touchés par cette situation difficile», a écrit la famille Lafortune dans son communiqué.

Retrait forcé par la violence du sinistre

«Il y aurait eu possiblement des témoins qui ont tenté de rentrer à l’intérieur pour aider, mais puisque la toiture s’effondrait, ils ont dû ressortir le plus rapidement possible», a raconté la directrice générale adjointe de la MRC Montcalm, Stéphanie Therrien.

Le directeur du service des incendies, François Thivierge, a expliqué qu’à leur arrivée, les sapeurs ont été confrontés à un sinistre beaucoup plus dangereux que la moyenne: «À l’arrivée sur les lieux, des tentatives de sauvetage, d’extinction ont eu lieu. Par contre, l’intervention a dû découler vers une non-intervention due au grand risque d’explosion.»

Plus tard, les sapeurs ont pu intervenir grâce à un drone de leurs collègues de Repentigny qui a confirmé que «toutes les explosions qui devaient avoir eu lieu ont eu lieu», leur permettant ainsi d’affronter le brasier.

Cependant, ils ont surtout utilisé de la mousse extinctrice, les matières enflammées étant surtout des hydrocarbures, ce qui leur a permis de faire d’une pierre deux coups, puisque de limiter la quantité d’eau aidait aussi à prévenir le ruissellement de contaminants dans la rivière de l’Achigan.

Des recherches difficiles en vue

L’incendie a initialement forcé des évacuations sur un rayon d’environ 1 km et une cellule de soutien a été mise en place au sous-sol de l’église de Saint-Roch-de-l’Achigan, où les citoyens délogés ont pu trouver refuge. Une cinquantaine de résidences ont été évacuées, mais tous les citoyens ont pu regagner leur domicile au plus tard à 18 h 30, a confirmé la SQ.

La lutte contre le brasier s’est poursuivie une bonne partie de la journée, mais l’incendie a finalement été maîtrisé en soirée. Des pompiers des municipalités avoisinantes de Sainte-Julienne, Saint-Lin-Laurentides, Rawdon et de Repentigny ont été appelés en renfort. Vers 14 h 00, une cinquantaine de pompiers étaient sur place.

Les policiers de la SQ ont aussi été dépêchés sur place, mais il était encore trop tôt pour déterminer ce qui est à l’origine de l’explosion. Le travail d’enquête s’annonce également difficile.

«C’est une scène extérieure qui est endommagée: il y a eu le feu, l’explosion… il y a des débris qui ont revolé sur plusieurs dizaines de mètres», a souligné la sergente Cossette.

«Avec les conditions météorologiques qui sont annoncées, nos équipes vont devoir utiliser de l’équipement particulier, puis tenter au maximum de protéger, puis éviter que la scène soit ensevelie sous la neige. On fait face à des conditions météorologiques qui pourraient ralentir le travail de nos équipes», a-t-elle reconnu.

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