Face à la colère populaire, le président chilien remanie son cabinet

SANTIAGO, Chili — Le président chilien, Sebastián Piñera, a demandé samedi à tous les membres de son cabinet de présenter leur démission, tandis qu’il s’apprête à remanier son gouvernement en réponse à une vague de manifestations qui avait fait déferler plus d’un million de personnes dans les rues la veille.

«La marche que nous avons tous vue hier était une marche massive et pacifique, a déclaré le président. Nous avons tous entendu le message. Nous avons tous changé.»

M. Piñera a également indiqué qu’il pourrait lever l’état d’urgence qui touche une grande partie du pays depuis neuf jours. Ce décret avait échoué à rétablir le calme dans la foulée d’émeutes provoquées par une augmentation des tarifs de métro.

Les manifestations ont rapidement pris de l’ampleur pour englober un sentiment de frustration bien plus généralisé chez de nombreux Chiliens, qui disent avoir de la difficulté à joindre les deux bouts pendant que les mieux nantis continuent de s’enrichir.

La manifestation de vendredi était la plus importante en plus de 35 ans au pays.

Les demandes des participants ratissaient large, touchant entre autres les salaires, l’éducation, le logement et les soins de santé.

Bien que la plupart des manifestations se soient déroulées dans le calme, certaines ont dégénéré en émeutes et en pillages, surtout au début de la mobilisation. Le gouvernement fait état d’au moins 20 morts.

Le président Piñera a réagi en augmentant les pensions et le salaire minimum ainsi qu’en annulant la hausse des tarifs du métro. Il dit également envisager de réduire les péages sur les autoroutes.

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