Facebook et La Presse canadienne: huit emplois de journalistes sont crées

TORONTO — Le géant numérique Facebook a conclu une entente avec La Presse canadienne qui créera huit nouveaux emplois de journalistes.

Facebook indique qu’il accordera 1 million$ dans le cadre d’une initiative de bourse d’un an pour permettre à l’agence de presse d’embaucher, de former, d’équiper et de fournir un salaire et des avantages sociaux aux journalistes qui s’ajouteront à ses salles de rédaction de Halifax à Vancouver.

Les emplois doivent être affichés immédiatement et les journalistes devraient être en place d’ici l’automne.

«Les reportages qui seront réalisés par ces journalistes seront, bien entendu, administrés et gérés entièrement par les pupitres de La Presse canadienne au bénéfice de nos clients, ce qui ajoutera un nouveau volume important de reportages de différentes régions du pays», a déclaré le président de La Presse canadienne, Malcolm Kirk.

«Je pense donc que c’est un réel gain pour le journalisme, un réel gain pour les jeunes journalistes débutant dans leur carrière et une énorme valeur pour nos clients de pouvoir obtenir de nouveaux contenus sans frais supplémentaires.»

La Presse canadienne n’a accepté de participer au projet qu’après s’être assurée qu’il favorisera le développement et la croissance du journalisme canadien sans l’influence de Facebook et qu’il n’y aura aucune atteinte à l’indépendance éditoriale, a déclaré M. Kirk.

Le partenariat intervient alors que des éditeurs canadiens se sont regroupés le mois dernier pour demander au gouvernement fédéral d’obliger les grandes entreprises numériques internationales, dont Facebook et Google, à partager leurs revenus publicitaires avec les médias canadiens, qui ont connu une accélération du déclin des ventes publicitaires depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Les éditeurs veulent que le Canada suive dans les traces de l’Australie et de la France en essayant de forcer les géants du web à payer les médias d’information pour l’utilisation de leur contenu protégé par le droit d’auteur – bien que Google et Facebook soutiennent qu’ils présentent tous deux de la valeur pour les médias en générant du trafic vers leurs sites web.

Facebook a investi près de 9 millions $ dans le journalisme canadien par l’entremise de divers programmes au cours des trois dernières années et propose des programmes similaires dans d’autres pays, a déclaré Kevin Chan, directeur des politiques publiques au Canada pour Facebook.

«Pour nous à Facebook, l’important en fait est que nous voulons soutenir l’écosystème de l’actualité», a-t-il souligné.

«À ma connaissance, ce sera la première fois que nous nous associons à une organisation de presse pour créer effectivement de nouvelles fonctions afin de renforcer les capacités de reportage d’actualités locales à travers le pays et nous sommes vraiment ravis d’en faire partie.«

Les journalistes embauchés dans le cadre des Bourses de Facebook et de La Presse canadienne pour les Nouvelles doivent se concentrer sur les actualités locales et régionales, mais leur travail doit être assigné, révisé et distribué par le média d’information sans aucune intervention de Facebook. Les journalistes pourront écrire des articles sur n’importe quel sujet, y compris Facebook.

Les articles incluront une mention qui indique que le contenu a été financé par la bourse, un élément conçu pour assurer la transparence avec les clients et les lecteurs, a déclaré M. Kirk.

Le projet est né l’an dernier lorsque Facebook a demandé à La Presse canadienne ce que l’entreprise pouvait faire pour soutenir le journalisme canadien, a affirmé Marc Dinsdale, directeur des partenariats médias pour Facebook Canada.

Les deux parties ont l’intention d’évaluer le programme pour déterminer s’il sera prolongé au-delà de sa période initiale d’un an.

La nouvelle source de revenus est la bienvenue à un moment où les ventes publicitaires, qui diminuent depuis des années pour les clients de La Presse canadienne dans les médias traditionnels, sont encore plus durement touchées par le ralentissement économique provoqué par la pandémie de COVID-19, a affirmé M. Kirk.

Il a déclaré que même si La Presse canadienne ne dépend pas directement de la publicité, elle est affectée par la santé de ses clients et a subi des impacts négatifs de la pandémie. La Presse canadienne compte un réseau de plus de 1000 médias clients au Canada et environ 160 journalistes à temps plein, offrant des nouvelles dans les deux langues officielles.