Fatigue des pilotes: des groupes réclament la pédale douce sur la réglementation

OTTAWA — Une bataille se profile au moment où le ministère fédéral des Transports s’apprête à dévoiler une nouvelle réglementation qui déterminera combien de temps les pilotes d’aéronefs peuvent demeurer aux commandes de leur appareil sans prendre de pause — une première mise à jour de ce type en plus de 20 ans.

Les changements à venir, qui visent à s’attaquer aux inquiétudes persistantes sur la fatigue des pilotes, ont été salués par des syndicats de pilotes et d’autres qui affirment que le Canada est à la traîne par rapport à plusieurs autres pays en ce qui a trait aux normes de sécurité.

Toutefois, des officiels de l’industrie représentant plusieurs transporteurs de marchandises et des entreprises de petits appareils de transport de passagers se sont dits inquiets, mercredi, face à de nouvelles restrictions qui seraient excessives.

Ceux-ci affirment que des propositions de réglementation dévoilées l’an dernier laissent croire que les transporteurs seront forcés d’embaucher davantage de pilotes dont le bassin est déjà réduit, d’augmenter les coûts et que leur capacité d’offrir des services abordables, particulièrement dans le Nord, sera compromise.

Le président de l’Association du transport aérien du Canada, Steve Hankirk, a soutenu que ces mesures pourraient autrement mener à des réductions de services.

Le vice-président et chef de l’exploitation de Hélicoptères canadiens, Sylvain Séguin, a dit être d’accord avec un changement de réglementation, pourvu qu’elle soit adaptée aux opérations canadiennes.

«La réglementation qui est proposée est pour tous les types de vols, lignes aériennes autant que les petits avions sur flotteur, les hélicos. Tout ce qu’on demande, c’est de s’asseoir avec Transports Canada, revoir les propositions, et les adapter aux secteurs opérationnels», a affirmé M. Séguin.

Le gouvernement fédéral a commencé à revoir la réglementation en 2014; Delphine Denis, porte-parole du ministre des Transports Marc Garneau, a affirmé que l’objectif était d’établir les règles en phase «avec les données scientifiques actuelles, les normes internationales et les meilleures pratiques».