Faux départ pour la commission sur le cannabis

QUÉBEC — C’est un faux départ pour la commission chargée d’étudier le projet de loi caquiste visant à hausser de 18 à 21 ans l’âge légal pour consommer du cannabis.

En fin de journée lundi, à quelques heures du début des travaux, seule une poignée d’experts avaient confirmé leur présence.

Certains, comme l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMU), le Conseil québécois sur le tabac et la santé ainsi que l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) se sont carrément désistés.

L’APPQ déplore avoir été invitée «à la dernière minute». «Pour participer à ce genre d’audience-là, ça prend un mémoire, ça prend de la recherche, c’est trop peu trop tard», a déploré son porte-parole, Laurent Arel, en entrevue téléphonique.

C’est que le Parti libéral du Québec (PLQ) a mené la vie dure au gouvernement en rechignant sur la liste d’invités, a répliqué Maude Faniel-Méthot, attachée de presse du ministre délégué à la Santé publique, Lionel Carmant.

«Ça a été extrêmement difficile la négociation avec le Parti libéral, tandis que ça s’est bien fait avec le Parti québécois et Québec solidaire, a-t-elle affirmé. On considère qu’on a invité un très large éventail de groupes qui ont plusieurs opinions.»

L’opposition officielle libérale a rappelé, lundi, que le gouvernement Legault a tenté de limiter le nombre d’experts opposés à la hausse de l’âge de la consommation du cannabis à 21 ans.

«D’ailleurs, le ministre (Carmant) avait indiqué dès le dépôt du projet de loi qu’il voulait que celui-ci soit adopté dès le mois de mars, alors ça laisse très peu de place à la discussion sur des modifications possibles», a déploré en entrevue le porte-parole du PLQ en matière de santé, André Fortin.

Grâce aux libéraux, dit-il, plusieurs groupes qui n’étaient pas invités, y compris la Ville de Montréal, vont finalement pouvoir témoigner.  

En fin de journée lundi, sept groupes seulement avaient confirmé leur présence à la consultation, qui doit normalement s’étendre sur quatre jours.

Pour la journée de mardi, un seul groupe est à l’horaire: Portage, un organisme à but non lucratif dont l’objectif est d’aider les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

Il s’agit par ailleurs d’une deuxième ronde de consultations sur le cannabis au Québec en moins de deux ans. En juin dernier, l’ancien gouvernement libéral avait fixé l’âge légal pour inhaler la substance controversée à 18 ans, après avoir entendu plus de 12 000 citoyens et 120 organisations.

Les libéraux avaient justifié leur décision en disant que l’âge de 18 ans faisait consensus au Québec, et en expliquant ne pas vouloir livrer les jeunes au crime organisé. 

Au moment de déposer son projet de loi en décembre, le ministre Carmant, qui est neuropédiatre, a fait référence aux dommages au cerveau de la consommation de cannabis sur les jeunes.

Il a rappelé que la communauté scientifique déconseillait de consommer du cannabis avant 25 ans, pour diminuer les risques de psychose.

Pas moins de 35 pour cent des adolescents âgés entre 14 et 18 ans consomment déjà du cannabis, selon lui, et s’approvisionnent sur le marché noir.

Le fait de hausser l’âge légal enverra un message aux jeunes dans le sens d’éviter de banaliser les effets négatifs de cette drogue sur leur santé mentale, avait-il ajouté.

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