Femmes autochtones disparues ou assassinées: de l’action au-delà de l’enquête

WINNIPEG – Lorelei Williams, qui a quitté la première séance de consultation sur les femmes autochtones disparues ou assassinées en pleurs, espère que la table ronde de cette semaine sur l’enquête nationale sera différente.

Cette femme de la Colombie-Britannique, dont la tante a été portée disparue en 1978, et qui a une cousine dont les restes ont été retrouvés sur le terrain du meurtrier Robert Pickton, est sortie victimisée de cette expérience.

Les premiers ministres et ministres provinciaux et fédéraux se réunissent de nouveau mercredi pour une nouvelle consultation à Winnipeg. Mme Williams espère que ce sera différent cette fois. Les leaders devront écouter plus attentivement les gens et faire tout ce qu’ils peuvent pour régler les problèmes dans leurs provinces respectives. Une fois qu’ils auront compris ce que les meurtres et disparitions causent chez les familles, ils pourront mener «une meilleure bataille», a-t-elle affirmé. Elle croit que de nombreux dossiers ont été bâclés par racisme.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) estime qu’au moins 1200 femmes autochtones ont été assassinées ou sont disparues depuis 1980. Bien qu’il n’y a que 4,3 pour cent de femmes issues des Premières Nations dans la population canadienne, elles représentent 16 pour cent des homicides féminins et 11,3 pour cent des femmes disparues.

Beaucoup de choses ont changé depuis la dernière table ronde, il y a un an, organisée en réponse à des demandes d’enquête nationale sur le sujet. Les conservateurs qui étaient alors au pouvoir refusaient de déclencher une enquête. Les libéraux, qui les ont remplacés au gouvernement, ont promis la tenue d’une enquête cette année.

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, qui sera présente à la discussion, croit que l’enquête n’est qu’une des manières de faire cesser la violence contre les femmes autochtones et que les provinces peuvent en faire plus.

Mardi, Mme Wynne a annoncé que son gouvernement dépenserait 100 millions $ sur les trois prochaines années sur des stratégies à long terme de lutte contre la violence et de soutien des familles autochtones. Elle a ajouté qu’elle souhaitait que les consultations publiques mènent à des «actions concrètes», comme une campagne de sensibilisation publique coordonnée.

«J’espère que certaines des stratégies suggérées seront entendues à travers le pays, a déclaré la première ministre. L’enquête nationale est importante. J’ai soutenu des communautés autochtones depuis le début en réclamant cette enquête, mais elle ne peut être utilisée comme excuse pour ne pas agir.»

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a parcouru le pays pour écouter les familles suggérer la forme que devrait prendre l’enquête. La ministre, issue des Premières Nations, espère que la séance de cette semaine sera l’occasion de faire participer les provinces et les territoires.

«Nous avons beaucoup progressé sur les témoignages des familles, sur les suggestions sur le cadre de travail de l’enquête», a-t-elle affirmé.

«Ça va être une bonne discussion. J’ai hâte.»

Les séances de consultation sur les paramètres de l’enquête se termineront vendredi.