Femmes dans la construction: le changement de culture est perceptible, dit la CCQ

MONTRÉAL — Un changement de culture face à la présence des femmes dans l’industrie de la construction est bel et bien perceptible, mais leur progression reste lente et des défis demeurent, conclut la Commission de la construction du Québec.

La CCQ vient de produire un bilan des deux premières phases de son Programme d’accès à l’égalité pour les femmes, qui se penche sur les années 2015 à 2021.

Les données statistiques générales avaient été dévoilées le printemps dernier: l’industrie compte maintenant 6234 femmes actives, soit 3,27 % de la main-d’oeuvre dans l’industrie.

Sauf que cette cible d’«au moins trois pour cent des femmes» a été atteinte en 2021… alors que l’industrie s’était donné comme objectif de l’atteindre en 2018.

La progression des femmes dans cette industrie traditionnellement masculine est donc réelle, mais lente, même si toute l’industrie s’est mobilisée pour améliorer la situation: syndicats, entreprises, centres de formation, associations et autres acteurs.

«Une mobilisation des parties prenantes du PAEF (programme d’accès à l’égalité) est constatée, le constat de la sous-représentation des femmes est reconnu et des actions sont mises en place, tant en formation qu’en emploi, pour soutenir le parcours des femmes et créer des milieux favorables, démontrant l’amorce d’un changement de culture dans l’industrie», conclut la Commission de la construction dans son bilan.

Autres défis

Parmi les défis qui doivent encore être relevés: les femmes sont concentrées dans certains métiers ou occupations. «Peu de cibles par métier et occupation sont atteintes», écrit la CCQ.

Par exemple, elles ont même dépassé leur cible pour les métiers de peintre (22,9 %, cible de 15 %), poseuse de revêtements souples (5,2 %, cible de 3 %) et charpentière-menuisière (2,15 %, cible de 2 %).

Il y a ensuite 10 métiers et trois occupations où elles se rapprochent de leur cible, puis 12 métiers et trois occupations où elles sont loin d’atteindre leur cible, parmi lesquels ceux d’arpenteuse, scaphandrière, ferrailleuse et opératrice de pelle mécanique.

Autre défi: le taux d’abandon des femmes dans l’industrie est plus élevé que celui des hommes. Ainsi, après un an, 21 % des femmes quittent et 14 % des hommes. Et après cinq ans, 53 % des femmes quittent et 32 % des hommes.

De même, la moyenne annuelle des heures de travail qu’elles ont complétées est plus faible que celle des hommes. La moyenne d’heures annuelles des femmes (766) demeurait plus faible que celle des hommes (1039) en 2021.

Du côté des entreprises aussi, il y a du chemin à faire. La CCQ note que bien que 15 % des entreprises de construction aient embauché au moins une femme en 2021, 66 % n’en ont embauché qu’une.

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