Fermeture des écoles: Québec doit d’abord mettre d’autres mesures en place, dit Hivon

La députée péquiste de Joliette a accusé le gouvernement de rester les bras croisés au lieu de travailler à sécuriser les écoles.

QUÉBEC — Le gouvernement Legault fermerait les écoles avant même d’avoir amélioré la ventilation dans les classes et priorisé le dépistage chez les élèves et le personnel, s’indigne Véronique Hivon.

En point de presse à l’Assemblée nationale vendredi, la députée péquiste de Joliette a accusé le gouvernement de rester les bras croisés au lieu de travailler à sécuriser les écoles.

Résultat: le nombre de cas de COVID-19 et de classes fermées dans les écoles a plus que doublé entre le 1er octobre et le 11 novembre, et le nombre de cas chez le personnel a triplé.

Pas moins de 1214 groupes d’élèves sont actuellement en isolement à la maison, selon le plus récent bilan officiel. «Allez! Bougez! Faites quelque chose!» s’est exclamée Mme Hivon en anglais.

Elle estime que Québec aurait pu munir chaque classe d’un purificateur d’air et d’un détecteur de CO2, en plus de former des demi-classes au secondaire, tel que recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.

Déjà, les étudiants de 3e, 4e et 5e secondaire suivent des cours à distance une journée sur deux, «sauf que c’est une classe complète qui est en virtuel». 

«Si on le faisait par demi-classe, bien, on aurait un double bénéfice: moins d’élèves dans l’école, mais aussi moins d’élèves dans les classes», a-t-elle expliqué.

Au chapitre du dépistage, Mme Hivon s’est étonnée vendredi que les écoles soient classées sur le site web du ministère de la Santé au 15e rang des priorités.

Les éclosions dans les écoles deviennent pourtant «des vecteurs de transmission communautaire extrêmement puissants», a-t-elle rappelé.

«Si (le gouvernement) est sérieux dans sa volonté de prioriser l’ouverture des écoles, s’il veut tout faire pour éviter la fermeture des écoles, il est temps de mettre tous les moyens en place.

«Il y a beaucoup de travail encore à faire par le gouvernement avant de nous dire que la seule solution qui se tient devant lui, c’est de fermer les écoles.»

Levée de boucliers

Jeudi, le premier ministre François Legault a confirmé évaluer la possibilité de fermer les écoles «pour une période bien définie» autour du temps des Fêtes afin de ralentir la propagation du coronavirus.

Il a indiqué vouloir aborder avec les syndicats d’enseignants l’idée de prolonger l’année scolaire en juin et même en juillet.

Mais la Fédération autonome de l’enseignement et la Fédération des comités de parents du Québec ont fait savoir vendredi qu’ils rejetaient le scénario d’une fermeture prolongée pendant les Fêtes. 

La Fédération des syndicats de l’enseignement a déploré quant à elle que de tels scénarios soient annoncés publiquement avant même d’être discutés avec les acteurs du réseau.

Pour sa part, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a multiplié les interventions pour dire qu’il est pratiquement impossible d’en faire plus actuellement. 

Concernant la ventilation, trois lettres ont été envoyées au réseau scolaire depuis juin demandant un état des lieux et rappelant l’importance de faire les travaux pour bien ventiler les locaux, a-t-il affirmé.

Quatre mois plus tard, le ministre admet qu’il n’a pas reçu un état des lieux complet. Celui-ci sera déposé «d’ici quelques semaines», a-t-il promis jeudi au Salon bleu.

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