Fermeture du CHSLD Herron à Dorval, les résidants seront relocalisés

MONTRÉAL — Les exploitants du CHSLD Herron de Dorval, là où 40 personnes âgées ont tristement perdu la vie en peu de temps au début de la pandémie de COVID-19, mettent fin à leurs activités. Le CHSLD ferme définitivement les portes et les résidants seront relocalisés.

Le gouvernement Legault a fait le choix de ne pas racheter l’établissement à son propriétaire privé «pour un ensemble de raisons» et la fermeture était «la seule décision à prendre», selon le ministre de la Santé Christian Dubé.

«Ce qui était notre décision la plus difficile, ce n’était pas seulement de le fermer, qui a mon sens était la seule décision à prendre, mais c’était de s’assurer que nous aurons une transition correcte», a indiqué le ministre Dubé en conférence de presse, ajoutant qu’il y aura une transition «pour placer les résidants d’Herron dans d’autres milieux de vie».

Le gouvernement a demandé au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal de planifier la relocalisation de l’ensemble des résidants. Un déménagement sera effectué de manière progressive au cours des six à 12 prochains mois, selon un communiqué envoyé par le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Le CIUSS a indiqué qu’il rencontrera, au cours des prochaines semaines, chaque résidant et leur famille afin de déterminer avec eux les prochaines étapes en ce qui concerne leur futur logement.

Le CIUSSS prendra pleinement la gestion des soins et des services au CHSLD Herron et organisera, dès mardi, une importante opération de recrutement d’employés, peut-on lire dans le communiqué.

En septembre dernier, Québec avait rendu publics les rapports d’enquête sur l’hécatombe vécue à la Résidence Herron, à Dorval, ainsi qu’au Centre d’hébergement et de soins de longue durée Sainte-Dorothée, à Laval, au printemps dernier.

Dans le cas d’Herron, l’enquêteur Sylvain Gagnon conclut à une «négligence organisationnelle», blâmant les administrateurs pour avoir échoué à remplir leurs responsabilités face à «une clientèle infiniment vulnérable et complètement dépendante des soins qu’elle reçoit».

Son rapport souligne que 38 décès ont été confirmés par le Bureau du coroner, entre le 26 mars et le 16 avril, à la résidence de Dorval. Deux autres décès sont survenus avant le 25 mars.

Par ailleurs, M. Gagnon n’a pas manqué d’égratigner les administrateurs de la Résidence Herron, propriété du groupe Katasa, qui aurait offert peu de collaboration à l’enquête.

«Il faut le dire: c’est un constat navrant! Il me semble qu’on devrait s’attendre à une collaboration naturelle de la part de ceux qui ont des comptes à rendre», dénonce Sylvain Gagnon dans la section «Mise en contexte», où il explique sa démarche.

La résidence Herron était un CHSLD privé non conventionné de Montréal. Son principal actionnaire était le Groupe Katasa, et une autre entreprise, Chartwell Quebec Holdings inc.

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