Une réclamation d’assurance salée est à venir pour la fermeture du pont Mercier

LONGUEUIL, Qc – L’assureur du camionneur qui a forcé la fermeture du pont Honoré-Mercier, jeudi matin, pourrait se retrouver avec une facture extrêmement salée.

Les dommages causés par la collision du camion à benne avec la structure du pont feront certainement l’objet d’une réclamation du ministère des Transports, une procédure normale dans ce genre de situation.

«Il y a effectivement une démarche qui est faite auprès de la compagnie d’assurance du conducteur pour enclencher un processus de réclamation pour les frais qui sont reliés aux travaux», a indiqué une porte-parole du ministère des Transports du Québec, Sarah Bensadoun, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Cependant, au-delà des réparations au pont comme telles, la réclamation pourrait comprendre une somme liée aux inconvénients subis par les usagers de la route.

«Ce qui est sûr et certain, c’est qu’on va faire une évaluation des dommages, voir le temps que ça va prendre. On va également évaluer l’impact que ç’a eu sur les usagers de la route et par la suite on aura une meilleure idée de comment gérer ce dossier», a expliqué Mme Bensadoun, précisant que la réclamation «pourrait effectivement inclure» les inconvénients aux usagers.

Or, le pont Honoré-Mercier affiche un achalandage annuel de 30 millions de passages, ce qui se traduit par une moyenne quotidienne de plus de 41 000 passages en direction de Montréal, un estimé très conservateur pour une heure de pointe en semaine puisque cette moyenne comprend les week-ends.

Une compensation pour inconvénients à plus de 41 000 automobilistes, dont plusieurs ont ajouté jusqu’à deux heures à leur trajet, ferait grimper la facture de manière exponentielle, bien qu’il soit impossible à ce moment-ci de l’évaluer.

La fermeture du pont reliant Montréal à sa rive-sud en pleine heure de point matinale a provoqué une congestion monstre.

Pendant ce temps, les policiers poursuivent leur enquête afin de déterminer comment cet accident a pu se produire dans des circonstances aussi inhabituelles. Le camion avait franchi une première structure sans encombre avant que sa benne levée ne percute et en vienne s’encastrer dans la deuxième structure, qui est pourtant à la même hauteur que la première.

Les premiers éléments d’enquête laissent donc croire que «la benne se serait levée quelque part entre les deux structures pour une raison encore inconnue», a indiqué à La Presse Canadienne le sergent Claude Denis de la Sûreté du Québec.

Des spécialistes en reconstitution de scène d’accident se penchent sur cette étrange affaire. Le chauffeur de camion, un septuagénaire, a été rencontré par les enquêteurs.

La circulation, qui avait été rétablie vers 7h30 en direction sud, a finalement été permise dans les deux directions sans restriction de charge peu après 11h30 à la suite de deux inspections.

«On parle bien de réparations mineures, notamment des éléments métalliques. La structure est parfaitement sécuritaire et c’est ce qui nous a permis de rouvrir toutes les voies sans restrictions de charge», a expliqué Sarah Bensadoun.

«Les réparations vont être faites en dehors des heures de pointe, notamment la nuit, et il n’y aura que des entraves mineures sur le réseau», a-t-elle précisé.

Curieuse coïncidence, l’événement est survenu presque un an jour pour jour après une autre collision presque identique sur la route 132, à Longueuil.

Le 10 février 2015, vers 20h, un camion de déneigement dont la benne était levée avait frappé une passerelle piétonnière surplombant l’autoroute, entraînant la chute de la structure de béton et forçant la fermeture de la voie rapide.

Par un heureux concours de circonstances, aucune automobile ne circulait à cet endroit très achalandé à ce moment précis.

La route avait été fermée durant plusieurs heures afin de permettre la démolition de ce qui restait de la passerelle et le nettoyage de la voie et une facture «substantielle» avait là aussi été refilée à l’assureur du camionneur.

«Nous avons fait une réclamation aux assurances pour le temps des employés sur place, la démolition de la passerelle et le nettoyage des voies», a indiqué Isabelle Buisson, porte-parole du ministère des Transports pour la Montérégie en entrevue téléphonique.

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