Fête du 1er mai: les centrales veulent sensibiliser Legault au dialogue social

MONTRÉAL — À l’occasion de leur rencontre du 1er mai avec le premier ministre, les quatre centrales syndicales souhaitent sensibiliser François Legault à l’importance du dialogue social et au rôle des syndicats au Québec.

«Monsieur Legault est quelqu’un qui a peut-être besoin d’être sensibilisé par rapport au dialogue social et au résultat du dialogue social et de l’action syndicale. Il a besoin d’être sensibilisé à ça. On va tenter de faire un petit bout à ce niveau-là», a indiqué mardi le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Comme le veut la tradition, pour la Fête internationale des travailleurs, les présidents de la FTQ, Daniel Boyer; de la CSN, Jacques Létourneau, de la CSQ, Sonia Éthier, et de la CSD, Luc Vachon, rencontreront mercredi le premier ministre et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Salaire minimum

Le salaire minimum à 15 $, dans un contexte de rareté de main-d’oeuvre dans bien des secteurs, sera encore une fois au menu. Justement, le 1er mai, le salaire minimum doit passer à 12,50 $ l’heure.

«Il y a quand même encore 800 000 personnes, majoritairement des femmes, qui gagnent moins de 15 $ l’heure. Ça pour nous, c’est quelque chose d’inacceptable, dans le contexte où, actuellement, des employeurs font des pieds et des mains pour attirer du monde», a relevé M. Vachon.

«Le premier ministre Legault martèle son désir de créer des jobs à 30 $ et 35 $ l’heure; c’est beau de s’occuper des jobs à 30 et 35 $, mais ceux qui sont à 12,50 $, on fait quoi avec eux?» s’est exclamé M. Vachon.

Formation

Parmi les autres thèmes que les quatre centrales vont aborder figure aussi la formation continue, puisque l’économie en transition nécessite une adaptation de la main-d’oeuvre.

«L’organisation du travail va vraiment être bouleversée dans les prochaines années. On parle de la quatrième Révolution industrielle, de l’intelligence artificielle et toute l’automatisation. On fait un rattrapage technologique dans les entreprises, mais ça, ça va avoir un effet sur la capacité des gens d’occuper les emplois de demain», a souligné M. Vachon.

Le président de la CSD rappelle que les travailleurs les moins formés sont souvent les premiers touchés lors de ralentissements économiques et de licenciements collectifs.

Autres thèmes

M. Vachon veut aussi aborder la question des fermetures, ventes et délocalisations d’entreprises québécoises, qui menacent de bons emplois.

Dans une optique plus large, les quatre présidents veulent aussi aborder le sujet d’un meilleur financement des réseaux de la santé et de l’éducation, après tant d’années de restrictions budgétaires qui ont frustré et épuisé des milliers de travailleurs dans ces réseaux.

Les centrales tiennent également à une réforme en profondeur de la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

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