Des Franco-Ontariens ouvriront le défilé de la Fête nationale à Montréal

MONTRÉAL — C’est une délégation d’environ 150 francophones de l’Ontario qui ouvrira le grand défilé de la Fête nationale lundi soir à Montréal, sur la rue Saint-Denis.

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal explique que les compressions aux services en français imposés par le gouvernement de l’Ontario il y a quelques mois ont attiré l’attention et généré de la sympathie au Québec.

«Ils ont besoin de soutien, qu’on leur dise qu’on est non seulement leurs voisins, mais aussi leurs cousins, que nous comprenons les défis qu’ils ont à relever et qu’ils peuvent compter sur nous», a expliqué Louise Harel, qui préside le Comité de la Fête nationale du Québec à Montréal, en entrevue avec La Presse canadienne.

Les Franco-Ontariens ont encaissé de nombreux reculs depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur de Doug Ford, notamment l’annulation du projet d’Université de l’Ontario français à Toronto. «Ils ont eu une année extrêmement difficile», a laissé tomber Mme Harel.

L’auteur-compositeur et interprète franco-ontarien Damien Robitaille, qui était en spectacle dimanche soir à Québec, a d’ailleurs invité les Québécois à ne pas laisser tomber les francophones des autres provinces qui luttent encore pour la survie et le rayonnement de la culture française.

Louise Harel remarque par ailleurs que «ce désir d’exister en français sur la terre d’Amérique, c’est un désir profond non seulement au Québec, mais aussi dans ces communautés francophones».

Selon le site officiel des festivités, le 24 juin a été proclamé Fête nationale des Québécois sous le gouvernement de René Lévesque, en 1977. La journée de la Saint-Jean-Baptiste est aussi célébrée dans les différentes communautés francophones hors Québec.

Les Franco-Ontariens ont répondu à l’appel des organisateurs avec «un enthousiasme extraordinaire», a lancé Mme Harel. Ils seront habillés de banc et de vert, les couleurs de la francophonie ontarienne.

Spectacle ambulant

Bien plus qu’une simple marche, ce sera carrément un «spectacle ambulant», selon Félix Saint-Denis, le Franco-Ontarien qui en a la responsabilité.

Son groupe se sent «honoré», a-t-il déclaré à La Presse canadienne. D’ailleurs, certains ont fait la route d’aussi loin que Thunder Bay, à 1600 km de Montréal, et d’autres de Sarnia, à 800 km, a-t-il souligné.

«La Saint-Jean, c’est la fête de tous les francophones d’Amérique, a-t-il souligné. C’est aussi une façon de dire merci pour la grande vague d’amour et de solidarité qu’on a vécue (en provenance) d’un océan à l’autre.»

C’est le personnage d’Étienne Brûlé, le premier Français à avoir habité l’Ontario, qui ouvrira le bal en tenant un immense drapeau franco-ontarien. Suivront huit tableaux historiques des pionniers de l’Ontario français, dont un qui rappellera le règlement 17 qui avait interdit il y a près de cent ans l’usage du français dans les écoles de la province. Des chanteurs interpréteront aussi des hymnes franco-ontariens.

Une haie d’honneur composée des drapeaux de la francophonie canadienne bouclera la marche. Les drapeaux de la Nouvelle-France, des Métis et des patriotes seront également présents.

La marche s’ouvrira à 20h et sera suivie du défilé de nuit à compter de 21h. Les festivités se tiendront sur la rue Saint-Denis. L’artère, qui fête ses 200 ans, a fait l’objet de nombreux travaux au cours des dernières années.

Parmi les huit tableaux qui constitueront les thèmes du défilé de Montréal figurent la cabane à sucre, le déneigement, les mouvements dans les bois, l’orage et la mélodie marine.