Février: le taux de chômage au Canada demeure à 5,8 % et est de 5,3 % au Québec

OTTAWA — Le marché du travail a généré un deuxième mois consécutif de forte croissance de l’emploi en février avec la création de 55 900 nouveaux postes nets, tous à plein temps, a annoncé vendredi Statistique Canada.

L’augmentation canadienne a même dépassé la création d’emplois aux États-Unis, où les chiffres indiquaient une augmentation de seulement 20 000 nouveaux postes le mois dernier.

La montée en flèche du Canada en février faisait suite à un gain encore plus important de 66 800 postes en janvier. Les résultats consécutifs ont donné au Canada sa plus forte période de création d’emplois en deux mois depuis le printemps 2012 — et son meilleur début d’année sur deux mois depuis 1981.

Malgré cette augmentation, le taux de chômage s’est maintenu à 5,8 pour cent le mois dernier alors qu’un nombre croissant de personnes cherchaient du travail, a déclaré l’agence dans sa dernière enquête sur les forces de travail.

L’ajout de 67 400 emplois à temps plein le mois dernier a plus que compensé la perte de 11 600 postes à temps partiel, selon les données. L’agence a déclaré que le nombre de postes d’employés les plus désirables dans le secteur privé avait augmenté de 31 800 le mois dernier, tandis que les emplois dans le secteur public avaient augmenté de 8900. Le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de 15 100.

Dans l’ensemble, l’augmentation de l’emploi a été entraînée par un gain de 46 200 postes dans le secteur des services, principalement concentré dans les catégories des services professionnels, scientifiques et techniques, de l’administration publique et du commerce de gros et de détail.

Les secteurs de production de biens ont ajouté 9500 nouveaux postes à la suite des gains d’emplois dans les ressources naturelles, l’agriculture et la fabrication.

En février, le salaire horaire moyen des employés permanents a augmenté de 2,3 pour cent sur un an, contre 1,8 pour cent en janvier.

La Banque du Canada surveille de près plusieurs indicateurs salariaux avant les décisions politiques relatives à son taux directeur. En particulier, la banque centrale se concentre sur une lecture appelée «salaire commun», qui intègre des données sur la masse salariale provenant de plusieurs sources, et pas seulement de l’enquête sur les forces de travail.

Un soulagement

Beata Caranci, économiste en chef à la Banque TD, a souligné que l’emploi a constitué un rare indice positif stable au pays, et elle estime qu’il contribuera à donner des assises à l’économie.

«C’était un très bon chiffre pour le Canada, et pour être honnête, c’est un soulagement, car nous avions en quelque sorte besoin d’une victoire du côté des données canadiennes», a affirmé Mme Caranci en entrevue à propos des statistiques de février.

«Nous continuons à constater des gains stables en matière d’emploi et des taux d’activité en hausse. Ainsi, chaque fois que vous pensez qu’il n’y a plus de travailleurs à embaucher, il y a de plus en plus de travailleurs qui semblent être embauchés», a-t-elle affirmé.

La gouverneure adjointe de la Banque du Canada, Lynn Patterson, a déclaré jeudi s’attendre à ce que la croissance économique — qui a connu une décélération brutale au cours des derniers mois — reprenne un nouvel élan au second semestre, en grande partie grâce aux conditions d’emploi et à l’amélioration des salaires.

Sur la période de 12 mois qui a précédé février, l’emploi total a augmenté de 369 100 emplois, soit 2 pour cent.

Un plus grand nombre de jeunes Canadiens âgés de 15 à 24 ans ont trouvé un emploi le mois dernier, alors que l’emploi chez les jeunes a gagné 28 600 postes. Cette augmentation a permis au taux de chômage des jeunes de passer de 11,2 pour cent en janvier à 10,8 pour cent.

Mme Caranci a fait valoir que la Banque du Canada verrait probablement les statistiques de février «comme un signe positif et un peu de soulagement».

Par région, l’Ontario a connu la plus forte augmentation de l’emploi le mois dernier avec 36 900 emplois supplémentaires.

Au Nouveau-Brunswick, le taux de chômage est passé de janvier à février de 8,2 à 8,5 pour cent. Il a reculé de 6,9 à 6,4 pour cent en Nouvelle-Écosse alors qu’il a augmenté à l’Île-du-Prince-Édouard, de 9,9 à 10,3 pour cent.

Bond léger de l’emploi au Québec

L’emploi a légèrement augmenté au Québec en février, poursuivant une tendance à la hausse qui s’est amorcée l’automne dernier. Il y a eu une augmentation de 14 900 emplois dans la province, soit un bond de 0,3 pour cent, en février par rapport à janvier.

Le taux de chômage a peu varié, se fixant à 5,3 pour cent, inférieur de 0,1 point de pourcentage par rapport à janvier, alors qu’au cours de la période de 12 mois ayant pris fin le mois dernier, l’emploi dans la province a progressé de 1,3 pour cent, ou de 55 000.

Tant les emplois à temps plein (9000 de plus) que ceux à temps partiel (5900 de plus) sont en croissance, selon l’analyse de l’Institut de la statistique du Québec, effectuée à partir des résultats de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada.

Le taux d’emploi — la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler — croît de 0,2 point et se fixe à 61,4 pour cent en février.

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