Granby: la fillette de 7 ans est morte

GRANBY, Qc — La fillette de 7 ans qui avait été retrouvée lundi dans un état critique dans une résidence de Granby est morte mardi, a annoncé la Sûreté du Québec.

Deux personnes ont été arrêtées mardi matin relativement à la découverte de la petite fille. Les deux accusés, un homme de 30 ans et une femme de 35 ans, ont comparu plus tard dans la journée.

L’homme fait face à une accusation de séquestration, qui serait survenue le 29 avril dernier. La dame est elle aussi accusée de séquestration, mais également de voies de fait graves.

La police de Granby avait reçu un appel, lundi, aux alentours de midi, relativement à la découverte de la fillette dans une maison de la rue Lindor.

L’enquête a été confiée aux services des enquêtes sur les crimes contre la personne de la SQ, qui travaillent en collaboration avec la police de Granby pour tenter d’établir les circonstances et de faire la lumière sur l’événement.

La nature du lien entre les deux personnes arrêtées et l’enfant n’a pas été précisée.

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On s’était trompés, il y a trois décennies, (ou on aurait trompé?), en prétendant être ou vouloir un Québec fou de ses enfants. La véréalité, c’est qu’on est ou qu’on a un Québec qui s’fout de ses enfants. D’année en année, de décennie en décennie et même de siècle en siècle! Aurore, c’était il y a cent ans.

Pas besoin d’aller bien bien loin pour voir des témoignages s’additionnant les uns aux autres, disant tous la même chose à cet égard. L’actuel député de Chauveau l’avait lui-même déploré aussi vertement que véhémentement dans un ‘papier’, en l’illustrant d’exemples à la douzaine, il y a deux ans (incidemment sous ce titre même, « Un Québec qui se fout de ses enfants »). L’année précédente, ç’avait été une chroniqueuse de Châtelaine, Geneviève Petterson, qui avait dit la même chose, en déclarant tout de go: « On va se dire les « vraies affaires » : le Québec n’aime pas les enfants. Suffit de sortir de la Belle Province plus de cinq minutes pour s’en rendre compte. ». Et, elle aussi, étayait son constat d’une tonne d’exemples assommants.

Et n’y a-t-il pas eu d’ailleurs un célèbre frère de l’actuel chef intérimaire du PLQ, il y a une quinzaine d’années déjà, ayant, lui aussi, sévèrement dénoncé des voleurs d’enfance? Enfin, au catholique pays du Québec, où un ‘Notre Père’ a si longuement et profondément retenti d’injonction au pardon, n’en a-t-on pas moins un nouveau premier ministre répétant que lui ne pardonnera jamais à son prédécesseur d’avoir été gravement incorrect ou inadéquat à l’endroit de pauvres enfants en difficulté? Eh bien, ne voit-on point par là que si on a pu avoir jusqu’à un premier ministre même à ce point ‘négligent’ (?) ou «abusif» (?) envers des enfants, c’est que c’est institutionnalisé, c’t’affaire-là; que c’est bien ancré, structurel ou systém[at]ique.

‘Anyway’, y a pas qu’à ce «bout» — (pour enfance-jeunesse) — que le Québec est rien moins qu’un modèle. À l’autre bout — (vis-à-vis des plus vieux) —, c’pas mieux.

Venant d’écouter une entrevue de l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on doit convenir avec lui que, bien plus que des structures ou même que des responsables, de ci de ça, ici ou là, ce pourrait être une loi et des principes, «défectueux», inappropriés, qui seraient davantage… imputables en cette affaire; i.e. le fait d’avoir mis en loi que c’est la famille naturelle ou la relation parents-enfants-famille qui doivent, préférablement, prévaloir, avoir préséance. Ce pourrait, de fait, être ‘ça’ qui, ultimement, aurait ‘tué’ cette pauvre fillette; née dans une famille si dysfonctionnelle que ‘ses’ problèmes, graves déjà, auraient débuté avant même sa naissance. (Si bien qu’en pareil cas, assez difficile, n’est-ce pas, de présumer a priori qu’elle n’eût eu guère plus de chance ailleurs/autrement).

N’en reste pas moins la question d’«ensemble» de la chose. C’est-à-dire, en sus des tout premiers y ayant été impliqués, l’ensemble des personnes humaines en étant au parfum et d’autres qui auraient peut-être dû l’être (par elles mises) aussi au courant? Telles des ministres, député.e.s, etc. Là, c’est fait. Mais un peu tard.

Bref, s’il n’y a pas que la loi, que des normes, règles, lois, structures ou systèmes, et s’il n’y a pas que des institutions, dirigeant.e.s d’institutions, gestionnaires ou intervenant.e.s; il n’y a pas non plus que des concerné.e.s ou non concerné.e.s. «Tous sont coupables pour tous»?… On a eu un brillant chroniqueur, au cours des dernières décennies, qui pourfendait la dénonciation. Toute dénonciation. Estimant qu’il incomberait à la police de trouver et d’épingler les malfaisant.e.s. Il ne devait pas être seul à penser ainsi, à en juger par la — (trop grande ou fréquente) — inaction ou passivité ayant cours en ce genre de situation (nonobstant les dizaines et dizaines de milliers de signalements consignés). «On» se dit sans doute qu’en n’intervenant pas ou en n’intervenant ‘pas plus que ça’, on ne fait que se mêler de ses affaires, que ne pas s’immiscer où on n’a pas d’affaire. Mais si ce l’était, justement, et pas juste de nos affaires mais aussi notre devoir, à tou.te.s, de porter assistance, autant que faire se peut, à toute personne en danger ou maltraitée?

Maintenant, retour, vite, place aux vraies affaires. Qui ne sauraient être, certes, l’aide à apporter aux inondé.e.s, soit pour réemménager ou déménager ou encore pour s’y retrouver dans les arcanes de paperasses à comprendre et formulaires à compléter pour être dédommagé.e.s s’il y a lieu ou concernant toutes autres choses requises pour obtenir ce qu’il faut aux fins de migration ailleurs le cas échéant. Non, pas ça.

Les vraies affaires ne consisteront pas non plus à mettre le drapeau en berne à Québec ou à y tenir une journée de silence ou de recueillement jeudi, à la mémoire de la petite Estrienne martyrisée. Non. Ce jour-là, on sera en effet, et depuis longtemps, revenu.e.s aux vraies affaires. À Québec comme au Québec. C’est-à-dire, aux affaires de signes religieux. Important, ça. Plus que quoi que ce soit d’autre. Où irait-on, hein, que ferait-on, s’il n’y avait ça, les signes religieux, à propos de quoi on puisse parler sérieusement de quelque chose de sérieux en valant vraiment la peine?

D’ailleurs, tellement évidente l’importance transcendante de cette affaire qu’aujourd’hui on ne descend pas dans la rue, 250 000, à Montréal, comme la fois de la guerre en Irak, pour manifester à propos des traitements atroces subis par notre nouvelle petite Aurore enfant martyre. Mais plutôt pour ou contre la laïcité. Ça, c’en vaut la peine. Ça, c’est une problématique. Une vraie. Qui fait mal. Aux enfants.* Différemment de ce qu’a pu subir la petite fillette laissée en pâture à on (ne) sait qui et qui en est morte.

Hé! Nous, au Québec, on sait faire. Et on sait taire. Y a cent ans, on a eu Aurore; aujourd’hui, C.-M. Au siècle passé, différemment d’ailleurs autour (Amérique) où il en allait autrement, on (se) mettait tout.e.s en choeur à l’unisson en – ([comm]union de) – prières, en médailles, en croix, crucifix, confessions, génuflexions, absolutions ou excommunications, prédications, processions, professions de foi, messes, sacrifices, sacrements. En ce siècle-ci, on (s’en) sacre en sacrement. Et à nouveau, différemment d’ailleurs autour (Amérique) où il en va autrement, on aurait trouvé, au Québec, LA Formule. LA Voie. Qui consisterait à discarter maintenant — (en l’enlevant de la vue) — ce qu’on considérait jadis valoir plus que tout le reste, i.e. du évoquant religion.

* Dans le dernier numéro de L’actualité, p. 80, ce passage: « ce ne sont pas les enfants, le problème : ce sont les parents. »

Deux pages avant (78): « on ne peut pas cacher indéfiniment les problèmes. Tant qu’on ne dit pas les choses, on est dans l’échec. » Alors, voilà, c’est dit.

Bref…

Le « coupable », s’il en est un (plus que d’autres), pourrait bien être plus près de ceux et celles qui accusent que de ceux et celles accomplissant directement concrètement d’atroces sévices. Encore que…

C’en est rendu, en effet, que la conception, la gestion, l’organisation des soins, contrôles, sanctions ou [d’]autres d’interventions ou d’intervenant.e.s de milieux socio-humains en seraient plus de comptabilité que d’accountability. On calculerait tout. Additions, soustractions, multiplications, divisions. Au chapitre de l’acte demandé. Mais non eu égard à la pertinence ou non de faire ou d’avoir effectivement fait ce qui est demandé.

Quelle ‘différence’?

La différence, c’est qu’il peut arriver que l’autorité — (qu’il s’agisse du patron ou de la loi même) — erre. Alors, quoi? Que fait-on en pareil cas? Si, face à une situation donnée, un.e intervenant.e donné.e estime, en conscience, suivant ce qu’il/elle constate et ce qu’il/elle sait, qu’il faudrait faire telle chose plutôt que telle autre, mais que l’autorité, elle, (direction ou loi), prescrit le contraire; à qu[o]i est-il/elle tenu.e d’«obéir»?

Là est la question.

D’aucun.e.s, probablement la plupart, répondent qu’il faut obéir aux lois, à l’autorité, sans quoi ce serait l’bordel, l’anarchie; d’autres, probablement, ah, en fait sûrement bien moins nombreux (et c’est p’t’être ça/là le ‘problème’?), risqueront de suggérer de tendre à faire plutôt ce qu’on considère, soi, le mieux à faire dans les circonstances, indépendamment de ce qu’enjoignent ou prescrivent codes, normes, règles, lois, autorités ou pratiques établies.

Sait-on qu’il arrive qu’en respectant rigoureusement la loi, on se trouve ainsi à mettre parfois en danger, quand ce n’est pas provoquer à coup sûr la mort de qqn.e (ne «méritant» pas ‘ça’) ? Eh oui! C’est comme ça. Alors, que fait-on en pareil cas? Vie ou loi? Ben, c’est ce qui vient d’advenir eu égard à la petite C.-M. Elle y serait ‘passée’ – (TRÉpassée) – en toute légalité apparemment, i.e., ironiquement, conformément à la loi! Suivant les règles, quoi.

« Morale » ? L’obéissance, la conformité, ce peut être parfois quelque chose d’extrêmement malsain, pervers ou dangereux même. Ou, pour le dire autrement, il se pourrait qu’il faille savoir — (oser/daigner) — choisir laquelle des «autorités» est le plus haute et impérative, laquelle s’impose le plus: celle(s) de lois, de directeurs, de ministres, de législateurs, ou celle(s) d’HUMANITÉ*, de conscience et de BS (Bon Sens) ?

* Aurait-on oublié, déjà, LA Consigne éminente énoncée par le PM lors de son discours inaugural? Il a imploré de n’agir toujours qu’« avec humanité ». Bien, lorsqu’humanité prédomine, on obéit au bon sens humain plutôt qu’à des mesures, règles, lois, autorités ou pratiques inhumaines.

Le chercheur Milgram a démontré, il y a longtemps, à quel point la soumission aveugle à l’autorité peut parfois s’avérer épouvantable. Combien d’indues souffrances peuvent être infligées ainsi. A contrario, quelques grands penseurs et acteurs sociaux, politiques, religieux ou autres, ont invité à faire prévaloir (l’autorité de) sa conscience personnelle sur qu[o]i que ce soit d’autre.

Ne pourrait-elle se trouver là la ’solution’ aux atrocités pullulant en milieux socio-familiaux (‘familiers’…) plus particulièrement? C’est-à-dire, en l’exercice de son libre arbitre, d’une sensibilité personnelle éclairée, assortis de bonne foi? Conjugués, bref, enfin, à l’universelle sagesse du « sapere aude », signifiant: ose te servir de ton propre entendement?…

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