Fin de la grève de trois mois chez Ciment Lafarge sur les régimes de retraite

MONTRÉAL – La grève qui avait cours chez Ciment Lafarge, à Saint-Constant, depuis le mois de février vient de prendre fin.

C’est dans une proportion de 84 pour cent que les travailleurs ont ratifié l’entente de principe qui était intervenue avec l’employeur, a fait savoir en entrevue mercredi Pierre Arseneau, coordonnateur régional du Syndicat des métallos-FTQ, auquel le syndicat local est affilié.

La grève touchait 91 salariés, mais elle a surtout retenu l’attention en raison de l’enjeu plus social qui était au coeur du conflit, à savoir la question des régimes de retraite «à deux vitesses».

Tant le Syndicat des métallos que la FTQ, la centrale à laquelle ce syndicat est affilié, ont lancé une bataille pour faire modifier la Loi sur les normes, afin d’y inclure l’interdiction des régimes de retraite avec des conditions moins généreuses pour les employés embauchés après une date donnée.

Auparavant, la direction de l’entreprise voulait implanter un régime de retraite à cotisations déterminées pour les travailleurs embauchés après une date donnée, plutôt qu’un régime de retraite à prestations déterminées comme celui dont bénéficient les employés actuels, a expliqué M. Arseneau.

Le syndicat affirme avoir gagné sa cause à ce chapitre, puisque le régime de retraite à prestations déterminées continuera d’être offert au sein de l’entreprise. Les nouveaux employés auront toutefois le choix d’adhérer à ce régime ou à un autre s’ils le désirent.

«Ce qui est merveilleux dans cette histoire-là, c’est que les gens se sont vraiment battus pour des gens qui ne sont pas encore engagés. C’est une bataille qu’ils ont vraiment faite pour les générations futures», a commenté M. Arseneau.

La contribution des employés au régime de retraite sera cependant haussée à 3 pour cent et des paramètres du régime seront modifiés, a précisé M. Arseneau.

Du côté de Lafarge Canada, la porte-parole Karine Cousineau indique que l’entreprise y voit aussi «une entente gagnant-gagnant» parce qu’auparavant, l’employeur payait seul la totalité des cotisations au régime de retraite.

Le contrat de travail qui a été ratifié prévoit également des hausses de salaire totalisant 13,75 pour cent sur cinq ans.

Mme Cousineau souligne que Lafarge Canada estime aussi avoir fait «des gains majeurs» au chapitre des horaires, l’autre grand enjeu du conflit, selon elle.

«Le retour au travail va se faire de façon sécuritaire et progressive. On prévoit qu’au cours de la prochaine semaine, il va y avoir retour au travail. Les travailleurs doivent d’abord signer la convention collective et suivre une formation de mise à jour en santé-sécurité», a-t-elle ajouté.

Le Syndicat des métallos a l’intention de poursuivre sa bataille, aux côtés de la FTQ, pour faire modifier la Loi sur les normes, afin d’y inclure l’interdiction des régimes de retraite à deux vitesses.

Présentement, cette loi interdit les «conditions de travail moins avantageuses» pour les employés embauchés après une date donnée, mais ne précise pas les régimes de retraite moins avantageux. Un comité mandaté par le ministère du Travail doit étudier cette question.

«Il ne devrait pas y avoir de clauses qui créent deux classes de travailleurs et qui est discriminatoire à l’endroit des jeunes. C’est sûr qu’on va continuer à se battre avec ça avec la FTQ», a ajouté M. Arseneau.