Régime de retraite à deux vitesses: fin de la grève chez CMC Électronique

MONTRÉAL — La grève prend fin chez CMC Électronique, anciennement Marconi. Les quelque 450 travailleurs d’usine et de bureau ont entériné l’entente de principe qui était intervenue avec l’employeur plus tôt cette semaine.

Les employés d’usine ont approuvé l’entente de principe dans une proportion de 94 pour cent; ceux des bureaux dans une proportion de 87,5 pour cent.

La grève avait été déclenchée le 24 mai dernier. Le principal point en litige portait sur l’implantation d’un régime de retraite à deux vitesses, au moment même où un projet de loi est à l’étude, à l’Assemblée nationale, pour interdire l’introduction de telles clauses de disparités de traitement dans les conventions collectives.

CMC Électronique voulait implanter un régime de retraite à cotisations déterminées — moins généreux pour les travailleurs, mais moins coûteux pour l’employeur — plutôt qu’à prestations déterminées, à compter du 1er juillet prochain.

Or, la réforme de la Loi sur les normes du travail interdira de nouvelles clauses de disparité de traitement selon la date d’embauche — lorsqu’elle sera adoptée. Mais les clauses existantes pourront être maintenues.

Le conflit était donc devenu un symbole, alors même que l’adoption de la réforme de la Loi sur les normes du travail n’est pas acquise avant l’ajournement des travaux, le 15 juin.

Le syndicat Unifor, affilié à la FTQ, qui représente ces travailleurs, a réussi à maintenir le régime de retraite à prestations déterminées, pour les futurs employés aussi, en plus d’améliorer l’actuel régime.

«On a réussi à sécuriser le régime de retraite pour les générations futures. On a réussi à rester debout devant un employeur qui voulait sacrifier la solidarité des générations. Ne serait-ce que sur ce principe-là, nous, on n’a pas plié; les travailleurs sont restés debout», s’est réjoui Alexandre Lamarre, président de la section locale 2889 d’Unifor, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Pour y parvenir, les travailleurs vont devoir contribuer à leur régime de retraite, alors que celui-ci était auparavant payé à 100 pour cent par l’employeur, a précisé M. Lamarre.

Au plan salarial, le contrat de travail, d’une durée de trois ans, prévoit des augmentations de 5,75 pour cent, à raison de 1,75 pour cent pour la première année du contrat de travail, puis 2 pour cent et 2 pour cent.

Le retour au travail doit s’effectuer progressivement à compter de lundi prochain et durant toute la semaine.

CMC Électronique, situé à Saint-Laurent, est un équipementier qui fabrique des pièces pour le secteur aéronautique, comme Bombardier et Boeing, et pour l’aviation militaire.