Fin des activités d’hydrocarbures au Québec: Ressources Utica s’en prend à l’État

MONTRÉAL — La compagnie québécoise Ressources Utica annonce mercredi qu’elle a déposé une poursuite à la Cour Supérieure contre le gouvernement du Québec afin d’obtenir la nullité de la loi adoptée en avril dernier par l’Assemblée nationale qui prévoit la fin de toutes les activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Le texte porte le titre de Loi visant principalement à mettre fin à la recherche et à la production d’hydrocarbures ainsi qu’au financement public de ces activités.

La loi réserve aussi des indemnisations aux pétrolières et aux gazières à hauteur de 100 millions $ .

Ressources Utica ajoute qu’à défaut d’obtenir la nullité de la loi, elle réclamera une compensation de 18 milliards $ qui, précise-t-elle, correspond à la valeur actuelle des profits futurs estimés par un évaluateur qu’elle dit indépendant.

La compagnie affirme que la loi porte atteinte à son droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne et du Code civil du Québec.

Le président de Ressources Utica, Mario Lévesque, ajoute que la loi est une expropriation déguisée dont l’utilité publique n’a jamais été démontrée.

Il relate que pendant des années, le gouvernement du Québec a invité des entreprises à investir afin d’explorer et d’exploiter le pétrole et le gaz naturel. Ressources Utica a agi de bonne foi, selon M. Lévesque, en trouvant des investisseurs locaux et étrangers et respecté l’encadrement règlementaire du Québec. 

Il reproche au gouvernement d’avoir changé d’idée du jour au lendemain. 

Peu avant l’adoption de la loi par les députés, Ressources Utica avait signalé que dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Québec, avec ses réserves de gaz inexploitées, devrait plutôt alimenter l’Europe cherchant à s’affranchir de sa dépendance en gaz envers la Russie.

Quant aux indemnisations, la loi prévoyait à son adoption qu’elle couvrirait les dépenses engagées depuis 2015 par cinq entreprises, pour une somme de 66 millions $ sur les 100 millions $ prévus, et les trois quarts des frais de fermeture des puits et de restauration des sites, pour un total de 33 millions $.

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