Fin du PTP: le Canada veut approfondir ses liens commerciaux avec l’Asie

OTTAWA – Le Canada souhaite mettre en place une «coalition de pays volontaires» pour conclure de nouveaux traités commerciaux avec l’Asie, a indiqué le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne.

Cette volonté s’inscrit dans la foulée de la décision du président américain Donald Trump de mettre la hache dans le Partenariat transpacifique (PTP), qui aurait permis d’intégrer 40 pour cent de l’économie mondiale au sein d’une seule et même zone de libre-échange.

L’accord devait entrer en vigueur lorsque six des 12 pays signataires, représentant au moins 85 pour cent de l’ensemble du PIB des pays membres, auraient ratifié l’entente.

Le PTP est devenu caduc lorsque les États-Unis ont décidé de s’en retirer. En raison de la taille de leur économie respective, les États-Unis et le Japon détenaient, par défaut, un droit de veto sur la mise en oeuvre du PTP.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est entretenu au téléphone, mercredi, avec son homologue japonais Shinzo Abe. Les deux hommes ont discuté de la possibilité d’approfondir les liens commerciaux entre le Canada et le Japon, ce qui pourrait éventuellement déboucher sur un accord de libre-échange.

Il s’agit d’une avancée importante, puisque le Japon refusait depuis des années de tenir des discussions bilatérales avec le Canada, soutenant que le PTP aurait les mêmes effets sur les échanges entre les deux pays qu’un accord de libre-échange.

Le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne soutient qu’un accord canado-japonais ne serait qu’un des éléments d’une stratégie plus vaste visant à tisser des relations commerciales plus étroites avec l’Asie.

Dans une récente entrevue, M. Champagne a mentionné qu’il souhaitait explorer «s’il y a lieu d’approfondir quelque chose dans un cadre multilatéral avec une « coalition de pays volontaires » ou encore de manière bilatérale».

Des discussions dans trois semaines

De manière plus concrète, des discussions se dérouleront dans trois semaines lorsque le ministre Champagne se rendra au Chili pour s’entretenir avec les onze autres pays du PTP, ainsi qu’avec deux pays qui n’étaient pas inclus dans l’accord: la Chine et la Corée du Sud.

M. Champagne a dressé la table pour cette nouvelle ronde de négociations en se rendant cette semaine en Australie, où il a rencontré le premier ministre Malcolm Turnbull, de même que des représentants de la Nouvelle-Zélande.

M. Turnbull a déclaré lors du Forum sur le leadership économique Australie-Canada — auquel participait également l’ex-premier ministre Stephen Harper — que les discussions avec les pays signataires du PTP se baseraient sur le travail qui a déjà été fait.

Il a soutenu que le Canada et l’Australie «parleront d’une seule voix de la nécessité de défendre le libre-échange et l’ouverture des marchés à travers le monde, parce que nous savons que c’est le chemin de la prospérité».

M. Champagne a précisé que la priorité du Canada est de conclure des accords de libre-échange avec le Japon, la Chine et l’Inde.

De nombreux analystes ont déclaré que la décision des États-Unis de déchirer le PTP laissera la voie grande ouverte à la Chine pour contrôler les marchés asiatiques.