Financement: le PQ veut faire appel «plus que jamais» à ses membres

SHERBROOKE, Qc — Le Parti québécois (PQ) veut faire appel «plus que jamais» à ses membres.

Au cours d’une allocution devant des militants réunis dans un restaurant de Sherbrooke, le chef intérimaire Pascal Bérubé a appelé à une mobilisation générale, et surtout, a demandé à sa base de cotiser.

Le PQ a pourtant souvent beaucoup demandé à ses militants, notamment lors des campagnes référendaires, mais cette fois, M. Bérubé a évoqué un effort exceptionnel devant quelques dizaines de partisans.

La course à la direction du PQ sera lancée le 1er février, ce qui est un exercice coûteux, et le parti traîne une dette écrasante, après sa défaite historique d’octobre 2018. Le dernier rapport annuel déposé en juillet faisait état d’une dette de 2,5 millions $.

«Plus que jamais on va faire appel à vous, pour parler, écouter, convaincre, pour nous aider à organiser, pour nous aider aussi financièrement, parce qu’on a un défi de ce côté-là, mais on va y arriver», a-t-il lancé.

En mêlée de presse peu après, il a notamment fait allusion à la contribution du Directeur général des élections (DGEQ), proportionnelle au nombre de votes reçus, et qui est donc à la baisse en raison du mauvais résultat électoral des péquistes.

«On a des responsabilités importantes pour le financement du parti, notamment le financement de la course à la direction. (…) On a besoin de financement pour être à la hauteur de ce qu’on veut faire au Québec, se promener, rencontrer les gens, donc c’est un défi.»

Le PQ reste le parti qui compte le plus de membres au Québec, mais ses effectifs ont fondu à un peu moins de 50 000 membres, soit 25 000 de moins qu’en 2016.

Réunis à Sherbrooke jeudi et vendredi pour préparer la rentrée parlementaire, les députés péquistes discuteront de la course à la direction ainsi que de la défense de la langue française.

Les neuf élus débattront des règles de cette course, même si c’est une autre instance, la conférence des présidents, qui tranchera sur les règles officielles, samedi, à Montréal.

En outre, les péquistes veulent enfourcher leur cheval de bataille de toujours: la langue française. Ils échangeront sur de nouvelles façons de renforcer le statut du français et augmenter la pression sur le gouvernement Legault.

Sur l’enjeu de la langue, les péquistes estiment avoir l’appui de la population et ils jugent qu’ils font mouche avec leurs critiques, à voir la réaction du gouvernement caquiste.

«Sur le dossier de la langue, on a des propositions concrètes et positives à faire, on connaît bien ça, le dossier de la langue», a lancé M. Bérubé devant les militants. 

«Si le gouvernement est sérieux, il va renforcer la loi 101, il va mettre les moyens pour qu’on respecte le français partout, comme langue d’accueil, d’affichage, d’intégration des nouveaux arrivants.»

L’automne dernier, alors que les élus péquistes avaient annoncé une série de positions concernant le français, exactement au même moment le gouvernement Legault annonçait que le ministre Simon Jolin-Barrette allait hériter des responsabilités en matière de langue.

«On réussit à les piquer, la réponse du gouvernement est révélatrice et n’était pas un hasard», a suggéré un porte-parole de l’aile parlementaire péquiste, qui a requis l’anonymat.

L’exercice qui couronnera le successeur de Jean-François Lisée s’annonce pour être assez inusité, puisque la quasi-totalité des candidats déclarés ou pressentis ne provient pas du caucus des élus.

En effet, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, est le seul élu à briguer la direction du parti. Paul St-Pierre Plamondon, qui a annoncé sa candidature mardi, récidive dans une course à la chefferie du PQ, mais n’a pas réussi à se faire élire comme député aux dernières élections générales.

L’historien et professeur Frédéric Bastien a fait savoir qu’il se lançait dans la course plus tôt cette semaine.

L’humoriste Guy Nantel a par ailleurs fait savoir qu’il était intéressé, de même que l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield.

Les députés du caucus ont été consultés sur les règles de la course un peu avant les Fêtes et échangeront sur ces modalités jeudi et vendredi, même s’ils n’auront pas le dernier mot. Ils ne sont pas majoritaires à la conférence des présidents, même si leur voix compte 

Plusieurs élus ont déjà dit être favorables à faire participer les non membres du parti à la course, reste à en déterminer les modalités, à savoir si un coût d’adhésion minimal serait exigé, etc.

L’idée de primaires ouvertes dans les régions, un peu comme lors des présidentielles aux États-Unis, circule aussi.

Le caucus craint moins la division et les déchirements que lors de précédentes courses à la direction, laisse-t-on entendre. On fait valoir que comme ce ne sera pas un duel, le débat sera moins polarisé.

Par ailleurs, deux députés ont déjà annoncé qu’ils appuyaient Sylvain Gaudreault, tandis que trois élus sont des officiers parlementaires qui pour cette raison ne peuvent pas prendre position, soit le chef intérimaire, Pascal Bérubé, le leader parlementaire, Martin Ouellet, et le whip, Harold LeBel.

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