Fonctionnaires en grève pour le climat: Dubé veut en discuter avec le SFPQ

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, émet des réserves face à la demande du Syndicat de la fonction publique, qui voudrait que Québec permette à ses membres de participer à la grève mondiale pour le climat, sans être pénalisés. Il se dit prêt à en discuter avec le SFPQ, mais il voit mal comment cela pourrait se faire sans réduire les services à la population.

De son côté, le président général du SFPQ, Christian Daigle, voit comme une bonne nouvelle le fait que le ministre soit prêt à en discuter avec lui.

Le SFPQ, qui représente 40 000 membres dans l’ensemble des ministères, demande à Québec de permettre à ses membres qui le désirent de participer à la grève mondiale pour le climat, le 27 septembre, sans être pénalisés. D’éventuels participants seraient prêts à se priver de salaire pour la journée complète, mais ils demandent à Québec de faire don de l’équivalent de leur salaire à un projet écologique. Il s’agirait d’une sorte de congé sans solde d’une journée qui serait accordé à ces participants.

Interrogé à ce sujet mercredi, le président du Conseil du trésor a semblé sceptique quant à la possibilité qu’une telle démarche puisse se faire sans affecter les services à la population.

«J’aimerais bien ça avoir une discussion avec eux pour pouvoir s’assurer qu’on respecte les termes de la convention collective. Il y a peut-être des vacances à prendre, peut-être des choses qui peuvent être organisées. Mais de penser qu’on peut libérer un nombre important de personnes sans nuire aux services à la population… Il va falloir avoir une bonne discussion là-dessus», a commenté le ministre Dubé.

Il a souligné que d’autres moyens pourraient peut-être permettre aux fonctionnaires qui désirent participer à cette grève mondiale pour le climat d’y participer, comme prendre une journée de vacances ou procéder par rotation de personnel.

Le président du Conseil du trésor s’interroge à voix haute: «comment on peut retirer un très grand nombre de fonctionnaires, pour une journée complète, sans affecter les services à la population?»

Avec services essentiels

Interrogé à son tour, le président général du SFPQ assure que ses membres seraient prêts à assurer les services essentiels à la population. «On comprend qu’il y a des services à la population à donner et que ce n’est pas tout le monde qui pourrait participer à cette journée-là», a répliqué M. Daigle.

Il insiste sur le deuxième volet de la résolution du syndicat, celui voulant que le gouvernement ferait don de l’équivalent des salaires des participants qui prendraient un congé sans solde à un projet écologique. «On voudrait que l’argent puisse être retourné à l’environnement. C’est de ça aussi qu’on voudrait jaser» avec le ministre.

Le mouvement syndical en faveur de la grève mondiale pour le climat commence d’ailleurs à prendre de l’ampleur.

À la Fédération des enseignants de cégeps de la CSQ, deux syndicats ont déjà adopté un mandat de grève pour cette journée du 27 septembre, mais le mandat est conditionnel à ce qu’un nombre suffisant d’autres syndicats y adhèrent.

De façon générale, en droit du travail, un syndicat n’a pas le droit de faire la grève lorsque la convention collective est encore en vigueur. Et tant pour la CSQ que pour le SFPQ, la convention collective est encore en vigueur.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie