Fonderie Horne: Legault n’exclut pas la fermeture si les émissions posent un danger

QUÉBEC — François Legault affirme que toutes les options sont sur la table, incluant la fermeture de la Fonderie Horne s’il le faut, pour protéger la santé de la population de Rouyn-Noranda. 

De passage à Repentigny, mardi, pour présenter l’ex-journaliste et ex-candidate conservatrice au fédéral Pascale Déry, qui sera candidate caquiste dans la circonscription du même nom, le premier ministre n’a pas caché que son premier objectif est de préserver les 650 emplois de la fonderie. 

«C’est beaucoup d’emplois, des emplois payants, qui amènent des retombées au ministère des Finances. Est-ce qu’on peut donner une aide qui serait inférieure aux retombées?» s’est-il demandé.

«Il y a une ouverture de ce côté-là, mais c’est clair que l’entreprise va devoir investir des montants importants. On parle de centaines de millions de dollars, pour atteindre un niveau où la santé des citoyens n’est pas remise en question.»

«On n’exclut pas de fermer»

Car, a-t-il dit, puis répété en anglais et à nouveau lors d’une deuxième sortie plus tard en journée, il n’est pas question de laisser l’entreprise continuer à mettre la santé de la population à risque avec ses émissions d’arsenic. «Soyons très clair: s’il n’y a pas de plan de déposé par l’entreprise pour réduire les émissions à un niveau qui est sécuritaire pour la population, on n’exclut pas, effectivement, de fermer l’entreprise.»

La fonderieémet des particules d’arsenic qui atteignent jusqu’à 33 fois la norme provinciale. De nombreux problèmes de santé ont été constatés par différentes études sur la population locale. Le directeur national de la santé publique, le docteur Luc Boileau, est à Rouyn-Noranda cette semaine pour faire le point sur la situation.

«Le docteur Boileau est là aujourd’hui. Il va s’assurer que ce soit un niveau où c’est sécuritaire pour la santé des citoyens», a fait valoir le premier ministre. 

Cependant, M.Legault a aussiindiqué que son gouvernement est prêt à soutenir financièrement Glencore, propriétaire de la fonderie, pour qu’elle procède aux modifications requises afin de réduire ses émissions, et ce, malgré les profits records enregistrés par la multinationale anglo-suisse. 

Par contre, une telle aide gouvernementale aurait des limites bien définies et devrait être inférieure à la valeur des retombées fiscales qu’engendrent les activités de l’entreprise et les salaires qui y sont versés. «Ce qui est important, c’est que le gouvernement du Québec et les Québécois soient gagnants là-dedans.» Des discussions sont d’ailleurs en cours avec l’entreprise à ce sujet, a-t-il précisé.

Une ex-conservatrice dans Repentigny

La journée de François Legault était consacrée à des activités partisanes, soit l’annonce de deux candidates dans des comtés que la CAQ entend conserver ou reprendre, selon le cas.

D’abord, dans Repentigny, la candidature de Pascale Déry pourrait en surprendre quelques-uns. Outre sa tentative infructueuse de représenter les conservateurs à Ottawa, Mme Déry a aussi été porte-parole de l’Institut économique de Montréal, où elle a défendu des positions qui sont en porte-à-faux avec celles de la CAQ, notamment une opposition aux subventions aux entreprises ou encore aux CPE.

«C’est une large coalition. Il y a bien sûr des gens comme M. (Bernard) Drainville, comme moi, comme d’autres et on va partager justement nos opinions», a-t-elle avancé. 

Malgré des convictions profondément fédéralistes exprimées dans le passé, la nouvelle candidate a tenu un langage on ne peut plus caquiste: «Je suis là parce que je suis nationaliste. C’est le Québec d’abord et avant tout.»

«En 2015, mon saut au fédéral c’était aussi pour contribuer à améliorer la qualité de vie des citoyens au Québec, c’était pour défendre les intérêts des Québécois. (…) J’ai toujours eu ce désir de m’engager», a-t-elle ajouté.

De toute évidence, François Legault est tombé sous le charme, puisqu’il lui offre un château fort: la députée sortante, Lise Lavallée, a recueilli tout près de 50 % des voix en 2018 et comptait à elle seule plus de votes que les trois autres grands partis mis ensemble.

Reprendre Iberville

Puis, sa deuxième annonce à Venise-en-Québec visait à présenter sa candidate dans la circonscription d’Iberville, Audrey Bogemans, une productrice agricole bien implantée dans la région.

«C’est un comté qui est à 80 % rural, a rappelé le premier ministre. Je pense qu’on ne peut pas espérer mieux qu’une agricultrice entrepreneure pour représenter les gens de la circonscription d’Iberville.»

Cette circonscription, c’est celle que la députée Claire Samson lui a ravie lorsqu’elle est passée chez les conservateurs d’Éric Duhaime. Sous la bannière caquiste, Mme Samson avait toutefois été élue elle aussi avec une très forte majorité dans cette circonscription et il y a fort à parier que Mme Bogemans ramènera le siège du côté caquiste de l’Assemblée nationale.

Elle n’a pas manqué d’envoyer une flèche bien sentie à l’endroit de la députée Samson, qui s’est récemment plainte de se sentir comme une plante verte à l’Assemblée nationale.

«Moi, je suis agricultrice. Je connais ça les plantes vertes!» a-t-elle d’abord déclaré, avant d’y aller de ce commentaire: «Je pense vraiment qu’il y a eu une mauvaise compréhension du poste parce que, pour moi, c’est plus qu’un travail à temps plein d’aller à la rencontre des gens et d’être capable de bien connaître les dossiers et d’aller les représenter pour eux à Québec.» 

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