Fonds de 7,5 M $ pour les agriculteurs québécois et les dépenses de la COVID

Les producteurs agricoles du Québec disposeront de 7,5 millions $, à même le fonds d’urgence de 35 millions $ annoncé en juillet, pour l’achat d’équipement de protection ou l’adaptation des logements des travailleurs étrangers, dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

Les ministres fédéral et provincial de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau et André Lamontagne, en ont fait l’annonce, mardi, en conférence de presse, aux côtés des présidents de La Financière agricole, Ernest Desrosiers, et de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.

La ministre Bibeau a dit s’attendre à ce que 1000 producteurs agricoles au Québec puissent bénéficier de ce fonds d’urgence.

Mais le président de l’UPA, Marcel Groleau, s’attend à ce que la demande soit plus forte. «Par rapport aux besoins, 7,5 millions $, c’est bien, mais on voit ça comme un début, parce que les besoins sont énormes, surtout si on exige, comme c’est prévu, d’améliorer les conditions de travail ou les conditions de logement des travailleurs étrangers», a-t-il fait valoir.

«Ce sont des coûts importants pour les entreprises agricoles et ce sont souvent des coûts que les entreprises agricoles ne peuvent pas transférer au marché», a-t-il expliqué.

Le fonds d’urgence doit servir à couvrir les dépenses faites pour améliorer l’infrastructure des postes de travail à la ferme, par exemple, ou améliorer les conditions de logement des travailleurs, les conditions d’hygiène ou l’achat d’équipement de protection.

En général, 50 % des dépenses admissibles seront couvertes par le fonds. Mais la proportion pourra grimper à 60 % si la ferme appartient majoritairement à des femmes, des jeunes ou des groupes sous-représentés dans le secteur, a précisé la ministre Bibeau.

C’est La Financière agricole qui administrera le fonds d’urgence. Les demandes des producteurs seront acceptées du 14 décembre au 26 février prochains.

Quant aux dépenses admissibles, elles devront avoir été encourues entre le 15 mars 2020 et le 26 février 2021, a précisé Ernest Desrosiers, président-directeur général de La Financière agricole.

Par ailleurs, malgré les embûches du début de la pandémie, lorsque la frontière canadienne a été fermée, «nous avons réussi à accueillir 85 % des travailleurs étrangers comparativement à l’année passée à la même date» au Canada, a souligné la ministre fédérale de l’Agriculture.

Marcel Groleau, de l’UPA, en a témoigné: «on a craint vraiment le pire, au début de la pandémie, lorsque les frontières se sont fermées et que peu de travailleurs étrangers étaient déjà sur le territoire canadien. Les agriculteurs, notamment les horticulteurs, étaient extrêmement inquiets. Avril arrivait. C’était le début des ensemencements et il y avait vraiment beaucoup, beaucoup d’inquiétude.»

Finalement, ça s’est tassé, a-t-il conclu, en saluant la bonne collaboration des deux ordres de gouvernement pour régler cet «enjeu de main-d’oeuvre».

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