Ford, absent de la Chambre, ne peut être interrogé sur son assignation à comparaître

TORONTO — Doug Ford ne s’est pas présenté mardi à la période des questions à l’Assemblée législative, alors qu’on apprenait la veille qu’il conteste une assignation à comparaître devant la Commission sur l’état d’urgence à Ottawa.

Un porte-parole a annoncé lundi que le gouvernement demandera une révision judiciaire pour faire annuler les assignations à comparaître transmises au premier ministre Ford et à Sylvia Jones, qui était solliciteuse générale l’hiver dernier. 

Le leader du gouvernement en Chambre, Paul Calandra, a expliqué mardi que le premier ministre était trop occupé pour se présenter à la période des questions à l’Assemblée législative — la première depuis la reprise des travaux en Chambre, après six semaines de relâche. À l’issue de la période des questions, M. Calandra a précisé que le premier ministre devait mardi faire une annonce publique et prononcer un discours. 

Mme Jones, qui est aujourd’hui ministre de la Santé, n’était pas non plus présente à la période des questions mardi. 

M. Ford et Mme Jones ont été officiellement convoqués lundi par la Commission sur l’état d’urgence. L’enquête publique se penche sur la décision du gouvernement fédéral d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence trois semaines après le début des manifestations du «convoi de la liberté» au centre-ville d’Ottawa. Une autre manifestation bloquait aussi la libre circulation frontalière à Windsor, toujours en Ontario.

M. Calandra a réitéré aux journalistes, et aux députés pendant la période des questions, que pour le gouvernement ontarien, l’enquête de la commission était une affaire policière et non politique.

«Il s’agit d’une enquête fédérale sur l’utilisation par le gouvernement fédéral de la Loi d’urgence», a-t-il dit, ajoutant que deux hauts fonctionnaires provinciaux témoigneront à la commission. Le gouvernement ontarien a également fourni des centaines de pages de documents à l’enquête.

La semaine dernière, M. Ford avait répondu aux journalistes qu’il n’avait pas été invité à comparaître, mais les procureurs de la commission ont soutenu que le premier ministre et Mme Jones avaient refusé des demandes répétées de comparaître de façon volontaire.

Joel Harden, député néo-démocrate provincial d’Ottawa-Centre, un secteur durement touché par les manifestations l’hiver dernier, a déclaré que le premier ministre devait témoigner. «Je n’accepte pas que le premier ministre dise: « Ce n’est pas mon problème », a-t-il soutenu. 

«C’est votre problème, vous êtes le premier ministre de la province. Nous ne voulons plus de ce genre de mouvements de convoi dans l’une de nos villes au Canada (…) Courir et aller se cacher et ne pas faire face à la musique, ce n’est pas approprié.»

Le gouvernement ontarien plaide que l’assignation à comparaître «est incompatible avec le privilège parlementaire des députés».

Mais selon le chef du Parti vert, Mike Schreiner, le premier ministre Ford devrait suivre l’exemple des politiciens fédéraux qui renoncent à ce privilège parlementaire pour venir témoigner devant la commission. 

«Je pense que le premier ministre a l’obligation envers la population de l’Ontario de faire preuve de leadership, d’être clair et honnête sur les décisions prises par son gouvernement, a déclaré M. Schreiner. Et la dernière fois que j’ai vérifié, Ottawa et Windsor sont toutes les deux situées en Ontario.»

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