Formation accélérée de préposés: un défi pour les centres de formation

MONTRÉAL — C’est la course folle dans le plus grand Centre de formation professionnelle du Québec pour organiser la formation accélérée pour les préposés aux bénéficiaires, à la demande du gouvernement Legault.

Les centres de formation professionnelle doivent accueillir leurs cohortes d’étudiants pour cette nouvelle formation de 375 heures dès le lundi 15 juin. Ils l’ont appris il y a quelques jours.

En une semaine, l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal a réquisitionné tous les locaux qu’elle pouvait — gymnases, palestre —, organisé 20 laboratoires, qui fonctionneront de jour et de soir pour 40 groupes d’étudiants, a relaté en entrevue jeudi sa directrice, Josée Péloquin.

Aussi, l’école s’est dotée de masques, de visières et de tout ce qu’il lui faudra. Habituellement, elle forme 800 préposés par année.

Elle a déjà 90 enseignants et en recrute d’autres pour dispenser cette formation accélérée pour devenir préposé en CHSLD. Ces enseignants sont généralement des infirmières ou infirmières auxiliaires avec beaucoup d’expérience, a précisé Mme Péloquin.

Jusqu’ici, environ 70 000 personnes se sont inscrites, alors que Québec veut embaucher 10 000 préposés en CHSLD, prêts à travailler dès la mi-septembre.

Gérer les candidatures

«La partie qui est plus difficile à contrôler, c’est la gestion des candidatures», a admis Mme Péloquin.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a déjà précisé qu’il y aura des entrevues de sélection pour les candidats, qui doivent avoir au moins 18 ans, être en bonne santé, avoir complété la 3e année du secondaire et ne pas avoir d’antécédents judiciaires.

Mais qui sélectionnera ces candidats? Et selon quels autres critères?

Mme Péloquin indique que «ce qui semble se dessiner», ce seront des entrevues menées par une équipe formée de représentants du Centre de formation professionnelle et du ministère de la Santé et des Services sociaux.

D’ailleurs, «ça va si vite» que même les centres de formation en apprennent encore sur les conditions dans lesquelles l’opération se fera, admet Mme Péloquin.

Il semble aussi qu’il y aura un questionnaire uniforme élaboré par le ministère de la Santé et des Services sociaux. À titre d’exemple, il est important d’avoir un carnet de vaccination à jour, si l’on est appelé à travailler auprès de personnes âgées vulnérables.

Le bon candidat

Le métier de préposé aux bénéficiaires en CHSLD est exigeant physiquement et mentalement.

Ces travailleurs doivent aider des personnes âgées qui souffrent d’Alzheimer, de démence, à se déplacer, à s’hydrater, à se nourrir. Le préposé doit aussi faire leur toilette, les réconforter, leur parler.

«Ça prend une bonne forme physique. On marche beaucoup. Et il faut être capable de déplacer un patient et l’installer dans un fauteuil roulant», par exemple.

Le préposé, «c’est la personne qui est le plus en contact avec les bénéficiaires», résume Mme Péloquin.

«Ça prend beaucoup d’empathie et une bonne capacité d’entrer en relation avec les gens. Le premier ministre dit souvent qu’on a besoin de bras, oui, mais on a aussi besoin de coeur», illustre Mme Péloquin.