Formation obligatoire sur le harcèlement: Legault plaide l’ignorance

QUÉBEC — Nul n’est censé ignorer la loi, mais le premier ministre François Legault a plaidé l’ignorance, mercredi, pour justifier le fait qu’il n’a toujours pas suivi la formation destinée à prévenir le harcèlement sexuel et psychologique chez les élus.

Cette formation, née dans la foulée du mouvement planétaire #moiaussi, a été rendue obligatoire pour les 125 élus de l’Assemblée nationale, incluant les ministres et le premier ministre, de même que le personnel des cabinets et des bureaux de circonscription.

«Honnêtement, moi je ne le savais pas. J’ai appris ça hier (mardi) en lisant Mme Richer», a commenté le premier ministre Legault, mercredi, en mêlée de presse, réagissant au reportage publié la veille par La Presse canadienne.

Il a promis de s’amender en 2020 et de faire ses devoirs.

«D’ici le mois de février, tous les députés (de la CAQ), incluant moi, on va suivre la formation», a-t-il ajouté.

La politique de lutte au harcèlement, psychologique ou sexuel, à l’Assemblée nationale, est en vigueur depuis 2015. Elle a été modifiée par règlement en décembre 2018, deux mois après la prise de pouvoir par le gouvernement caquiste.

Après plus d’une année aux commandes de l’État, 46 des 75 députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) n’ont toujours pas respecté le règlement, incluant tous les ministres (sauf une, la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest) et le premier ministre.

Questionné en point de presse, mercredi, le whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre, a semblé incapable de dire pourquoi le premier ministre ignorait quelles étaient ses obligations en la matière.

Il a dit que deux nouvelles séances de formation seraient à l’horaire en février et que tous les élus caquistes devraient y assister.

À ce jour, les élus des différentes formations politiques ont pu participer à l’une des deux séances organisées depuis un an en vue de sensibiliser les députés à ces questions et les inviter à les prendre au sérieux. La première a eu lieu en décembre, la seconde en mars.

La formation de deux heures comporte un volet théorique et un autre axé sur les mises en situation.

Elle vise à faire en sorte que l’Assemblée nationale soit un milieu de travail exempt de toute forme de harcèlement, rappelant aux élus qu’ils sont aussi des employeurs.

Avec ses 75 députés, le caucus de la CAQ compte 29 élus l’ayant suivie (38 pour cent), contre 27 des 29 députés libéraux (93 pour cent), 8 sur 10 (80 pour cent) des députés solidaires, et 4 sur 9 (44 pour cent) des élus péquistes.