Fort McMurray: des groupes écologistes veulent contribuer financièrement

OTTAWA – Au moins deux groupes canadiens de défense de l’environnement, qui militent activement contre l’exploitation des sables bitumineux, demandent à leurs sympathisants d’envoyer de l’aide aux sinistrés de Fort McMurray, en Alberta.

Greenpeace Canada et le Sierra Club du Canada ont tous les deux encouragé les dons à la Croix-Rouge et à d’autres agences d’aide à la suite des évacuations massives et de la destruction de nombreuses maisons et propriétés dans le nord de l’Alberta.

Après avoir imploré ses sympathisants d’aider Fort McMurray, le Sierra Club a prudemment abordé le sujet du réchauffement climatique en affirmant que tout le monde pouvait faire en sorte qu’un tel drame ne survienne pas dans une autre communauté.

Soulever cette question dans le contexte des incendies de forêt de l’Alberta s’est avéré être un terrain politique dangereux cette semaine, alors que les émotions sont à fleur de peau parmi le quelque 80 000 résidants de la ville qui ont dû fuir devant l’avancée des flammes.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, a été contrainte de clarifier son point de vue après qu’elle eut déclaré en conférence de presse, plus tôt cette semaine, que le réchauffement climatique avait contribué aux conditions qui ont fait en sorte que l’incendie de Fort McMurray soit si dangereux.

Les réseaux sociaux sont devenus un champ de bataille qui ne pardonne pas pour toute personne qui ose avancer que Fort McMurray est responsable d’une manière ou d’une autre de son sort.

Ce n’est donc pas une surprise que, dans un pays qui se mobilise derrière les sinistrés du nord de l’Alberta, quelques groupes écologistes utilisent leur notoriété pour aider à galvaniser le soutien aux citoyens dans le besoin.

Mark Meisner, le directeur exécutif canadien de l’Association internationale de communication environnementale, a déclaré en entrevue qu’il n’y avait rien d’incongru à ce qu’un groupe écologiste chapeaute une initiative pour réduire l’utilisation des énergies fossiles tout en aidant les gens qui travaillent dans l’industrie. Le mouvement de défense de l’environnement est inquiet du sort de tous, a-t-il ajouté.

«C’est comme être contre la guerre tout en soutenant les troupes», a déclaré M. Meisner.

Ce n’est pas un message facile à faire passer dans la bataille de l’opinion publique entre l’industrie du pétrole et les défenseurs de l’environnement.

«Je ne crois pas que ça nous aide de penser en termes de bons et de méchants», a affirmé Louise Comeau, qui a récemment quitté le réseau Action Climat pour travailler pour le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick

«Lors de nos activités quotidiennes, la plupart des gens contribuent inconsciemment au problème (du climat). Nous faisons tous partie de problème comme de la solution.»

Les travailleurs sont souvent les premières personnes touchées par les désastres environnementaux, a déclaré Josh Brandon, du Réseau canadien de l’environnement, dans une entrevue à partir de Winnipeg.

«Plusieurs organisations écologistes voient réellement cela comme une occasion de bâtir certains ponts.»