France: le dentiste de l’horreur écope de huit ans de prison

NEVERS, France – La justice française a condamné mardi à huit ans de prison l’homme qui avait été surnommé «le dentiste de l’horreur».

Le Néerlandais de 51 ans, Jacobus van Nierop, n’a témoigné d’aucune émotion quand il a été reconnu coupable de violences volontaires et d’escroquerie. Le tribunal de la ville de Nevers, dans le centre de la France, lui a aussi interdit de pratiquer la médecine dentaire pour le reste de ses jours.

Van Nierop avait été arrêté au Nouveau-Brunswick en 2014 après avoir fui la France.

Une centaine de personnes s’étaient plaintes de dents saines arrachées, de fragments d’outils laissés dans les dents, d’abcès, d’infections récurrentes et de bouches déformées entre 2009 et 2013.

Le jugement de 130 pages déposé par le tribunal trouve van Nierop coupable de 45 accusations de violences volontaires et de 61 accusations d’escroquerie contre ses patients, leurs assureurs et l’agence locale de sécurité sociale. Le tribunal lui a imposé une amende de 10 500 euros et les dédommagements dus à 62 patients seront annoncés en juin.

Van Nierop dispose de dix jours pour porter le jugement en appel.

Van Nierop était arrivé au Canada le 18 décembre 2013 dans le but de rencontrer une femme connue en ligne, même s’il lui avait été ordonné de ne pas quitter la France. La relation s’est terminée après quelques mois, mais van Nierop est demeuré au Canada au-delà de ce qui lui avait été permis — notamment parce qu’il n’avait pas les moyens financiers de repartir.

La Gendarmerie royale du Canada a entrepris de le retracer après avoir reçu une plainte et appris qu’il était recherché par l’agence policière internationale Interpol. Il a été repéré le jour de la fête du Travail 2014 dans un appartement de Nackawic, à l’ouest de Fredericton.

Une femme a ouvert aux policiers, mais van Nierop s’était enfermé dans la salle de bain. Les policiers ont découvert qu’il avait tenté de se suicider.

Étrangement, lors d’une audience à Shediac, au Nouveau-Brunswick, en 2014, van Nierop a déclaré qu’il croyait être détenu en lien avec le meurtre de sa femme aux Pays-Bas en 2006. L’information a pris de court aussi bien l’agent dans son dossier que l’Agence canadienne des services frontaliers.

Son extradition a été ordonnée vers les Pays-Bas, d’où il a été déporté en France.

Van Nierop a refusé de répondre aux questions pendant l’enquête, se contentant de dire que l’hygiène buccale des résidants de la région était «déplorable». Il prétend qu’il souffrait de problèmes de personnalité compliqués par une question transgenre et des idées suicidaires.

Le dentiste avait été accueilli à bras ouvert en 2008 quand il a ouvert son cabinet à Château-Chinon, une petite ville située dans une région reculée de la Bourgogne qualifiée de «désert médical».

Les enquêteurs affirment qu’il a présenté de faux documents pour pouvoir pratiquer la médecine dentaire en France, ce qui lui a valu des avantages économiques et fiscaux, et qu’il a caché avoir des problèmes disciplinaires dans son propre pays.

Il aurait facturé des soins imaginaires à ses patients ou intentionnellement effectué des soins incorrects qui ont ensuite nécessité de nouvelles visites et de nouveaux frais, selon des documents judiciaires.

Van Nierop, qui habitait une villa luxueuse à l’extérieur de la ville, avait des dettes de près d’un million d’euros, selon les responsables.