François Legault condamne l’ALQ, mais se dit soulagé par sa volte-face

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a condamné la décision de l’Association des libraires (ALQ) qui avait censuré la liste de lectures qu’il avait proposée.

Il se dit toutefois «soulagé» de la volte-face annoncée lundi par l’organisme.

Rappelons que l’ALQ avait retiré des titres d’une liste proposée par le premier ministre dans le cadre d’une campagne de promotion de la lecture.

«J’étais bien sûr fâché quand j’ai appris la nouvelle, a écrit le premier ministre dans sa page Facebook. (…) La décision de l’Association des libraires du Québec de retirer mes suggestions de lecture, ça n’avait pas de bon sens. On ne peut pas accepter qu’une poignée de militants radicaux piétinent notre liberté d’expression pour défendre leurs diktats. Ça va beaucoup trop loin.»

Parmi les titres suggérés par M. Legault, outre des romans de Marie Laberge et Arlette Cousture, figuraient un ouvrage de Denise Bombardier et autre de Mathieu Bock-Côté, deux auteurs et chroniqueurs controversés.

Parmi les commentaires glanés dans Twitter visant l’ALQ, une abonnée demandait des excuses à l’ALQ pour avoir publié la liste du premier ministre parce qu’il s’agissait d’une «publication problématique».

Une personne qui se présentait comme professeur de sociologie écrivait pour sa part: «les libraires auraient dû prévoir qu’un PM (premier ministre) qui fait voter des lois xénophobes et nourrit une base électorale raciste lit probablement des livres racistes et xénophobes.»

Dans un communiqué diffusé lundi, la directrice de l’ALQ, Katherine Fafard, a dit avoir pris la décision de retirer «trop rapidement» certaines publications après avoir reçu un flot de commentaires. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’une erreur et qu’elle présentait ses excuses.

«Les librairies membres de l’ALQ ainsi que les membres du conseil d’administration n’ont pas été impliqués dans cette malheureuse décision, a-t-elle ajouté. Les libraires indépendants ne doivent donc pas être pénalisés par les lecteurs et lectrices.»

Pour sa part, M. Legault a appelé à la diversité des voix et à défendre la liberté d’expression.

Il demande aux Québécois de «ne pas pénaliser nos libraires indépendants qui n’ont rien à voir avec cette histoire. C’est déjà assez difficile pour eux ces temps-ci».

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