Le gouvernement Legault comptera 26 ministres; Guilbault vice-première ministre

QUÉBEC — Le nouveau premier ministre du Québec, François Legault, a tenu parole, jeudi, en formant un premier cabinet à saveur économique, de taille relativement modeste, et composé d’un nombre égal d’hommes et de femmes.

Le conseil des ministres comptera 26 membres, dont 13 femmes.

La grande majorité d’entre eux — 16 sur 26 — n’a aucune expérience parlementaire et une seule, Marguerite Blais, a déjà été ministre.

«Une équipe économique de rêve», a soutenu M. Legault, dans son premier discours officiel à titre de premier ministre, en parlant de son «trio économique», Éric Girard, Pierre Fitzgibbon et Christian Dubé.

M. Legault fait confiance à des recrues n’ayant aucune expérience politique pour chapeauter les portefeuilles stratégiques des Finances et du Développement économique: Éric Girard (Groulx), ancien trésorier de la Banque Nationale, prend les rênes des Finances, tandis que Pierre Fitzgibbon (Terrebonne), homme d’affaires et lui aussi un ancien banquier, aura la responsabilité de stimuler l’économie du Québec.

Les contribuables doivent s’attendre à avoir de bonnes nouvelles, à très court terme, dans les prochaines semaines, a dit M. Legault, qui s’était engagé en campagne électorale à soulager rapidement le portefeuille des Québécois.

Le Développement économique régional est confié à la nouvelle députée de Côte-du-Sud, Marie-Ève Proulx, qui relèvera de M. Fitzgibbon.

La saine gestion des finances publiques relèvera désormais de Christian Dubé (La Prairie), ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement, qui a été brièvement député de Lévis de 2012 à 2014. Il présidera le tout-puissant Conseil du trésor.

Signes religieux

La baisse des seuils d’immigration et l’intégration des nouveaux arrivants à la majorité francophone constitueront des priorités du gouvernement Legault, des responsabilités délicates confiées à Simon Jolin-Barrette (Borduas), un des députés de la CAQ à s’être le plus démarqué durant le dernier mandat, ayant su gagner la confiance du chef. À 31 ans, il devient un homme-clé du gouvernement, devant de plus piloter les projets de loi du gouvernement et la période de questions, à titre de leader parlementaire.

M. Legault a renouvelé son engagement controversé d’interdire le port de signes religieux aux employés de l’État exerçant une autorité coercitive (juges, policiers, gardiens de prison), de même qu’aux enseignants. Un projet de loi pourrait être déposé dès cet automne. 

Trio santé

Le secteur de la santé, qui accapare pratiquement la moitié du budget de l’État, sera entre les mains de Danielle McCann (Sanguinet), une ancienne gestionnaire du réseau ayant une formation de travailleuse sociale. Nouvelle venue en politique elle aussi, elle a dirigé l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal.

Dans sa tâche, elle sera appuyée par Marguerite Blais (Prévost), qui devient ministre responsable des Aînés, un poste qu’elle avait déjà occupé dans le gouvernement libéral de Jean Charest, et du neuropédiatre et député de Taillon, Lionel Carmant, un proche de M. Legault et impliqué dans la CAQ depuis la fondation du parti. Il devient ministre délégué à la Santé et s’occupera surtout des troubles d’apprentissage chez les enfants.

Le mandat de ce trio santé: traiter les gens «sans engorger les urgences», a dit M. Legault, soucieux également de mieux aider les proches aidants, qui auront droit à un plan d’action.

Mode de scrutin

Il s’est engagé aussi à donner suite à sa promesse électorale de revoir le mode de scrutin, pour instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte au lieu du système actuel de scrutin uninominal à un tour. Cette responsabilité reviendra à Sonia LeBel. 

«On va travailler de toutes nos forces», a conclu M. Legault, qui devient le 32e premier ministre du Québec.

Il s’est inspiré d’un mot célèbre de l’ex-premier ministre René Lévesque pour affirmer que les Québécois formaient «quelque chose comme un grand peuple». 

Guilbault vice-première ministre

La députée de Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, devient vice-première ministre, un poste essentiellement honorifique, et ministre de la Sécurité publique.

L’Éducation et l’Enseignement supérieur seront entre les mains de Jean-François Roberge (Chambly), un parlementaire expérimenté, issu du milieu de l’enseignement.

Il sera secondé par l’ex-athlète olympique Isabelle Charest, députée de Brome-Missisquoi, qui devient déléguée à l’Éducation.

Le ministère des Transports se retrouvera entre les mains d’un parlementaire expérimenté, François Bonnardel (Granby).

Il n’y aura aucun ministre en titre provenant de l’île de Montréal. Chantal Rouleau, une des deux seuls élus caquistes de la métropole, devient ministre déléguée aux Transports et sera responsable de la Métropole. Elle relèvera de M. Bonnardel.

L’ancienne procureure en chef de la Commission Charbonneau, Sonia Lebel (Champlain), devra coiffer plusieurs chapeaux: ministre de la Justice, ministre responsable des Relations canadiennes, responsable de la Francophonie canadienne et sera de plus responsable de la Condition féminine.

Celle qui a ravi la forteresse libérale de Châteauguay, qui était occupée par l’ex-ministre Pierre Moreau, MarieChantal Chassé, pilotera le dossier de l’Environnement et de la lutte aux changements climatiques, qui ne faisait pas partie des priorités de la CAQ.

Le dossier de la Famille, qui englobe les services de garde, est confié à un ancien journaliste de l’Outaouais, Mathieu Lacombe (Papineau).

La députée réélue de Montarville, Nathalie Roy, accède à la Culture et aux Communications. Elle sera aussi responsable de la promotion de la langue française.

Les Relations internationales et la Francophonie relèveront de Nadine Girault (Bertrand), une gestionnaire d’origine haïtienne qui a oeuvré dans différentes institutions financières.

L’avocat Jean Boulet (Trois-Rivières), frère de l’ex-ministre Julie Boulet, hérite de deux ministères fusionnés en un seul: le Travail, l’Emploi et la Solidarité sociale.

Aux Affaires municipales et à l’Habitation, on trouvera Andrée Laforest (Chicoutimi), une propriétaire de garderie.

Le député de Johnson, André Lamontagne, dirigera le ministère de l’Agriculture.

Un ancien conseiller municipal de Québec, Jonatan Julien, devient ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles.

L’ex-animatrice de télévision Caroline Proulx (Berthier) dirigera le ministère du Tourisme.

Les Affaires autochtones relèveront de la députée de Mirabel, Sylvie D’Amours.

Le député de La Peltrie, Éric Caire, aura le dossier de la Transformation numérique gouvernementale. 

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs sera Pierre Dufour (Abitibi-Est).   

L’assermentation des membres du nouveau gouvernement, formé par la Coalition avenir Québec (CAQ), a eu lieu jeudi après-midi au Salon rouge de l’Assemblée nationale, en présence de nombreux parents et amis.

La mère de M. Legault, âgée de 89 ans, était présente. Le premier ministre lui a rendu hommage. 

Sans tarder, le cabinet Legault s’est mis au travail, au cours d’une première séance du conseil des ministres tenue en fin d’après-midi, tout de suite après l’assermentation.

PLQ: livrer la marchandise

L’opposition officielle, formée du Parti libéral du Québec (PLQ), a réagi en disant que le nouveau gouvernement serait jugé à sa capacité de livrer la marchandise.

Le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a dit que le gouvernement devait maintenant passer rapidement de la parole aux actes, qu’il s’agisse du troisième lien à bâtir entre Québec et Lévis, des maternelles 4 ans à ouvrir sur tout le territoire, de la promesse de réduire le temps d’attente à l’urgence à 90 minutes ou encore de la création d’un réseau de maisons des aînés. 

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