François Legault et ses homologues provinciaux rencontreront Trudeau

QUÉBEC — François Legault et ses homologues des autres provinces rencontreront le premier ministre Justin Trudeau au début de décembre pour réclamer la «juste part» d’Ottawa en santé: 28 milliards $ supplémentaires par an.

M. Trudeau a laissé entendre qu’il allait continuer à faire sa part. 

Ce sommet fédéral-provincial est annoncé au lendemain d’une mise à jour financière où le gouvernement caquiste a fait état d’un déficit record et a réclamé urgemment des fonds additionnels d’Ottawa.  

La pandémie actuelle a fait exploser les budgets des gouvernements en santé et les provinces en profitent pour revenir à la charge avec cette vieille revendication. 

Depuis la fin des années 1990, le fédéral a réduit sa part de financement du système de santé et les provinces et territoires demandent à ce qu’il revienne à sa proportion d’autrefois, soit 35 %, pour pouvoir combler les besoins croissants en services et en soins. Actuellement la part d’Ottawa est estimée à 22 %. 

L’enveloppe du Transfert canadien en santé (TCS) dévolu aux provinces passerait donc de 41,9 milliards $ à 70 milliards $.  Dans une publication Facebook, M. Legault a dit que ses homologues et lui étaient «unanimes» et demandaient une bonification de 28 milliards $. 

«Il faut que le fédéral fasse enfin sa juste part si on veut être capable de continuer à offrir à tous nos citoyens des services de santé de qualité», a-t-il écrit. 

Trudeau réagit

En conférence de presse vendredi à Ottawa, M. Trudeau a commencé en rappelant que son gouvernement avait déjà consenti des investissements faramineux, bien plus élevés que les provinces et les municipalités, depuis le début de la crise sanitaire. 

«On va continuer de faire notre part. (…) On va continuer de travailler avec les provinces. On va voir ce que ça va donner.»

Il a indiqué qu’il veut «bien parler» des dépenses récurrentes – c’est-à-dire celles qui reviennent année après année et qui sont comprises dans le Transfert canadien en santé. Mais il a ajouté que sa priorité était plutôt: «Comment on va agir dans les prochains mois afin d’avoir toutes les ressources nécessaires pour passer à travers de la pandémie.»

La date de la rencontre n’a pas encore été déterminée, ni le lieu. On ne sait pas non plus si les premiers ministres se rencontreront tous dans une même salle ou si ce sera une téléconférence, selon ce qu’a laissé entendre un porte-parole du cabinet de François Legault.

Pas plus tard que jeudi, le gouvernement caquiste a annoncé un déficit record de 15 milliards $ prévu cette année en raison de la pandémie, et il prévoit deux autres années déficitaires, pour un total cumulé de 30 milliards $. 

Le ministre des Finances, Eric Girard, a clairement laissé entendre qu’il comptait sur la hausse des transferts fédéraux en santé pour juguler l’hémorragie budgétaire du Québec. Si Ottawa acceptait d’assumer la part que réclame le Québec, cela représenterait une enveloppe additionnelle de 6 milliards $ par an dans les coffres du gouvernement Legault.   

La rencontre de décembre se déroulera sous l’égide du Conseil de la fédération, dont la présidence tournante revient au Québec cette année.

La tentative de créer un front commun des provinces fondé sur un ensemble de revendications en santé a toujours été périlleuse. Le précédent gouvernement Couillard avait pris part à un front commun de ce genre qui s’était effrité quand le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan avaient notamment fini par signer des ententes particulières avec le fédéral. 

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