François Legault invite les pays de la Francophonie à être solidaires en affaires

DJERBA, Tunisie — Les pays francophones doivent faire «plus d’affaires ensemble», a lancé le premier ministre François Legault à sa participation au Forum économique de la Francophonie à Djerba, dimanche.

Quelque 500 gens d’affaires des 88 états et gouvernements membres de la Francophonie s’étaient réunis dans un hôtel sur l’île tunisienne en marge du Sommet de la Francophonie. 

Dans son allocution d’une quinzaine de minutes, M. Legault a déclaré que le Québec, dont les échanges commerciaux se font majoritairement avec les États-Unis, voulait «diversifier» ses marchés.

Il a invité le forum à «reconstruire nos chaînes d’approvisionnement». «Ce qui est arrivé dans les dernières années, ça a été dur, (…) donc raison de plus pour travailler ensemble», a-t-il plaidé.

Plus tôt dans la journée, M. Legault avait déclaré en rencontre avec le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) vouloir doubler les échanges commerciaux avec la France.

À l’heure actuelle, 5 milliards $ d’échanges par année, «c’est des ‘peanuts’», a-t-il répété devant le parterre de gens d’affaires, déclenchant quelques rires et applaudissements. 

En somme, il dit voir le Québec comme une «porte d’entrée pour les pays francophones en Amérique», alors qu’il souhaiterait que «vous, les pays francophones, soyez la porte d’entrée en Europe, en Afrique».

Dans le secteur des transports, pourquoi faire affaire avec les Allemands ou les Chinois, quand l’entreprise Alstom emploie «bien plus de travailleurs francophones?» a-t-il demandé.

La Chine laissée de côté?

Interrogé sur les relations Québec-Chine lors d’un point de presse bilan, François Legault a laissé entendre qu’elles s’étaient refroidies.

La Chine arrive au deuxième rang des marchés d’exportation du Québec, derrière les États-Unis. Le Québec a quatre représentations en Chine: à Pékin, Shanghai, Quingdao et Shenzhen.

«On a tous, les pays industrialisés, des préoccupations avec la Chine», a affirmé M. Legault, balayant du même coup l’idée de faire comme ses prédécesseurs et se rendre lui-même dans l’Empire du Milieu. 

«Ce n’est pas prévu pour l’instant.» Le dernier à avoir mené une mission en Chine est l’ancien premier ministre libéral Philippe Couillard en 2018.

François Legault souligne que la Chine pose notamment un défi environnemental. 

«Il y a des pays en Europe qui ont commencé à travailler à s’assurer qu’il y ait comme des compensations quand les règles en environnement ne sont pas suivies. C’est quelque chose qu’il faut regarder», a-t-il soutenu.

Prochains rendez-vous

Le premier ministre du Québec quitte Djerba après avoir rencontré une brochette de dignitaires, y compris le président de la France, Emmanuel Macron, et celui de la Tunisie, Kaïs Saïed.

Il aura aussi discuté pour la première fois depuis sa réélection avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dont les commentaires dans le dossier des transferts en santé sont «encourageants», selon lui.

À Kaïs Saïed, qui est accusé de faire reculer la démocratie, M. Legault rapporte avoir dit: «On veut que la Tunisie soit un modèle, il reste du travail à faire (…) et on espère que les élections du 17 décembre vont bien se passer.»  

Le Québec a également annoncé lors de ce sommet un investissement de 10 millions $ sur trois ans pour former de la main-d’œuvre dans les pays de la Francophonie. 

Il accueillera la prochaine Rencontre des entreprises francophones (REF) en juin l’année prochaine, «afin d’accroître les échanges économiques et commerciaux entre pays francophones».

Le prochain Sommet de la Francophonie se tiendra en 2024, à Paris, a annoncé la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, qui a été reconduite dans ses fonctions.

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