La CAQ est en émergence et se prépare à prendre le pouvoir, dit Legault

QUÉBEC – Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a mis toute la gomme, vendredi, pour imprimer dans les esprits le message que sa formation est sur une lancée vers le pouvoir.

À l’occasion de son bilan de la session parlementaire, M. Legault a dit considérer que les libéraux ne reconnaissaient plus leur parti en panne d’idées et que les péquistes n’étaient plus assez nombreux pour former le prochain gouvernement, en raison de l’attrait déclinant pour la souveraineté.

Selon lui, dans les circonstances, le Parti québécois ne peut plus aspirer à gouverner. La CAQ devient donc, à ses yeux, la seule solution de rechange au Parti libéral du Québec (PLQ).

Même si la CAQ demeure en troisième place derrière le PQ, M. Legault estime que son parti est sur une lancée et s’apprête à prendre le pouvoir en 2018.

«Je me prépare à être premier ministre, a-t-il dit en conférence de presse. Je l’ai dit à mon épouse, puis on se prépare tous les deux à occuper des fonctions importantes.»

Le chef caquiste a multiplié les épithètes peu flatteuses envers le premier ministre Philippe Couillard, qu’il a décrit comme un homme cérébral, peu intéressé à ce qu’il fait, indifférent, nonchalant, insensible, passif, ennuyant, qui regarde tout de haut.

Il s’est décrit lui-même comme un homme «passionné», qui n’avait aucunement l’intention de changer.

Malgré le fait que la CAQ n’a progressé que d’un point de pourcentage dans le plus récent sondage, comparativement à son résultat de 23 pour cent au dernier scrutin, M. Legault a été catégorique.

«Je pense qu’il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour dire que la CAQ n’est pas sur une lancée puis on le sent sur le terrain, on le sent dans vos analyses», a-t-il dit.

L’an dernier, à pareille date, M. Legault était moins rayonnant, au lendemain d’une dure défaite lors de l’élection complémentaire dans Chauveau, jusque-là une forteresse caquiste. Il disait même avoir songé à démissionner.

Vendredi, estimant désormais avoir le vent dans les voiles, M. Legault a invité l’ex-ministre des Transports et député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti, à joindre les rangs de la CAQ. «Bienvenue à la CAQ», a-t-il dit, à l’intention du député libéral.

Il s’est dit aussi confiant de pouvoir reprendre la circonscription de Saint-Jérôme, laissée vacante en mai par l’ex-chef péquiste Pierre Karl Péladeau et anciennement dans le giron de la CAQ.

«J’y vais pour gagner, a-t-il dit. On va avoir un excellent candidat. Maintenant, c’est un test pour le PQ, là, c’est un comté qui est détenu par le PQ puis un comté que je veux prendre.»

Le chef intérimaire péquiste Sylvain Gaudreault a critiqué son adversaire qui, en évoquant la prise du pouvoir, a également parlé de son déménagement dans l’édifice où se trouve l’appartement de fonction du premier ministre.

«Au contraire de M. Legault, dont la seule ambition est d’habiter l’édifice Price avec sa femme, nous on a une ambition pour toute une collectivité, c’est de faire du Québec un pays», a-t-il dit.

M. Gaudreault a comparé le chef caquiste à une astrologue, devant l’enthousiasme de son adversaire.

«Ça c’est les prédictions de Jojo Legault», a-t-il dit.

M. Gaudreault a estimé que malgré le départ de Pierre Karl Péladeau, qui a plongé le PQ dans une course à la direction, la cohésion des troupes est bonne.

«On est fiers de s’être serré les coudes alors que tout le monde pensait qu’on allait s’effondrer avec le départ de M. Péladeau», a-t-il dit.